La méduse des lagons des Caraïbes ne brûle pas beaucoup au toucher. Mais elle est bel et bien responsable des zones d’eau toxiques qui entourent les bancs de méduses.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Cette découverte a été une surprise et une réponse à un long mystère relativement à l’eau qui pique », explique Cheryl Ames, une Canadienne qui travaille à l’Administration océanique et atmosphérique des États-Unis (NOAA) et est l’auteure principale de l’étude publiée le jeudi 13 février dans la revue Nature Communications. « Nous pouvons maintenant confirmer aux baigneurs qu’ils doivent éviter les bancs de méduses parce que les eaux qui les entourent seront désagréables. »

Mme Ames a grandi dans l’île de Cap-Breton et a étudié à Ottawa. Elle a eu l’idée de ces recherches en faisant de la plongée en apnée pour ses recherches dans les Caraïbes et en Floride. Elle fait actuellement un postdoctorat à l’Université Tohoku dans le nord du Japon.

Les méduses étudiées vivent accrochées sur le fond des lagons et des mangroves, et sont donc à l’envers, les tentacules vers le haut.

Les chercheurs de la NOAA ont identifié trois substances toxiques appelées cassiosomes, du nom de la méduse (Cassiopea), qui se trouvent sur les tentacules des méduses et s’en détachent quand on brasse l’eau près d’elles. Ils supputent que ces cassiosomes servent à étourdir du microplancton dont se nourrissent les méduses pour suppléer à l’énergie qui leur provient de l’algue photosynthétique habitant dans leur corps et leur donnant leur couleur ocre. Des tests sur des crevettes microscopiques, qui ont succombé aux cassiosomes, ont confirmé cette hypothèse.

Ils ont aussi détecté des cassiosomes dans quatre autres espèces de méduses.

Des chercheurs brésiliens ont aussi collaboré à cette étude.