Des astronomes ont croqué sur le vif un processus rare : une étoile en fin de vie qui est détruite par une étoile voisine beaucoup moins massive.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Le système HD 101 584 est spécial parce que le processus de mort stellaire s’est terminé de manière prématurée et dramatique », explique par voie de communiqué Hans Olofsson de l’Université de Technologie de Charlers à Göteborg, en Suède, qui est l’auteur principal de l’étude publiée cette semaine dans la revue Astronomy & Astrophysics. « Une étoile jumelle de faible masse a été engloutie par l’étoile géante. »

Quand elles ont brûlé tout l’hydrogène contenu dans leur noyau, les étoiles en fin de vie deviennent des « géantes rouges », beaucoup plus brillantes et volumineuses. Les géantes rouges perdent lentement mais sûrement leurs couches extérieures, ce qui à la fin laisse une petite étoile très dense appelée naine blanche. Ce processus prend des milliards d’années.

Quand l’étoile plus petite a été rejointe par les couches extérieures de la géante rouge, cette étoile plus petite s’en est rapprochée dans une trajectoire en spirale qui a accéléré la destruction des couches extérieures de la géante rouge.

Le drame se déroulant dans le système binaire HD 101 584 a été photographié par le télescope Alma de l’Observatoire européen austral (ESO), dans le désert de l’Atacama au Chili.

Ce « combat stellaire » a causé une structure gazeuse complexe, notamment des jets de gaz qui ont jailli du centre de la géante rouge, transperçant ses couches extérieures. Des anneaux de gaz et des amas bleuâtres et rougeâtres formant une nébuleuse en ont résulté.

« Nous pouvons décrire, mais pas expliquer, le processus de mort stellaire d’étoiles semblables à notre soleil », ajoute dans le communiqué la coauteure Sofia Ramstedt de l’Université d’Uppsala en Suède. « HD 101 584 nous donne des indices précieux pour résoudre cette énigme parce que nous pouvons observer une phase transitionnelle relativement courte entre le stade de géante rouge et celui de naine blanche. » Les astronomes suédois ont pu analyser à la fois la physique et la chimie du processus.