Des glaciologues américains ont croqué les premières images de la « ligne d’échouage » d’un important glacier en Antarctique.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Il s’agit d’une zone-clé pour comprendre le potentiel de risque du glacier Thwaites », expliquent les chercheurs de l’Institut de technologie de Géorgie (Georgia Tech) par voie de communiqué. « Dans les prochains mois, nous espérons avoir une meilleure idée de son état. »

La ligne d’échouage d’un glacier est le point de rencontre entre la mer et le roc sur lequel le glacier s’arrime. Les modèles montrent que l’eau plus chaude fait fondre la base du glacier. Si les points d’ancrage ne tiennent plus, le glacier au complet pourrait glisser irrémédiablement dans la mer, un processus qui prendrait des siècles, voire des millénaires.

Déjà, le Thwaites a beaucoup fondu, représentant environ 4 % de la hausse du niveau de la mer depuis le début du XXe siècle. S’il se retrouvait au complet dans l’océan Austral, le niveau de la mer augmenterait de plus de 60 cm. Les prévisions maximales de hausse du niveau de la mer en 2100 sont de 1,2 m, toujours par rapport à la moyenne du début du XXe siècle, et les prévisions minimales de 30 cm. Selon la NASA, le niveau de la mer est déjà de 21 à 24 cm plus élevé qu’en 1880.

Le robot Icefin de Goergia Tech a été inséré dans la mer par un trou de 590 m de profondeur, puis a parcouru 15 km en cinq missions, dont deux qui ont été jusqu’à la ligne d’échouage, à 1 km du trou d’insertion. De nombreux poissons et des anémones ont été observés.