Si elle existe, la vie sur Titan n’est pas basée sur des membranes cellulaires d’azote, viennent de démontrer deux astrobiologistes suédois. La question est importante parce que la lune de Saturne a comme la Terre un cycle hydrologique, mais avec des pluies et des mers de méthane et d’éthane au lieu de l’eau.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Les lacs et les mers d’hydrocarbones sur Titan invitent la comparaison avec le cycle hydrologique de la Terre et son importance présumée pour l’apparition de la vie », explique les chercheurs de l’Université de Technologie Chalmers, à Göteborg, dans leur étude publiée cette semaine dans la revue Science. « La surface de Titan par contre a une température de -183 à -187 degrés Celsius. Des études antérieures ont suggéré que des membranes azotosomes peuvent garder leur énergie cinétique à basse température et peuvent exister dans des mondes d’hydrocarbones liquides cryogéniques comme Titan. »

Simulation d’une membrane cellulaire azotosome

La théorie des membranes cellulaires d’azote a été lancée en 2015 dans la même revue par des astrobiologistes de l’Université Cornell près de New York. Mais ils s’étaient basés sur des « simulations de dynamique moléculaire », alors que la nouvelle étude suédoise a fait appel à des « calculs de mécanique quantique » pour démontrer que les azotosomes ne peuvent pas apparaître spontanément dans les mers d’hydrocarbones.

Sur Terre, les membranes cellulaires lipides peuvent se former spontanément dans l’eau liquide, ce qui explique pourquoi elles sont « le prérequis central de la vie telle que nous la connaissons », écrivent les chercheurs de Göteborg.

La nouvelle étude a par contre une bonne nouvelle pour ceux qui espèrent que la sonde de la NASA Dragonfly, qui doit être lancée en 2026 et arriver sur Titan en 2034, y déniche de la vie. Les deux astrobiologistes suédois avancent que la vie sans membrane pourrait exister sous forme solide sur Titan.