La seiche est capable de vision en profondeur, selon une nouvelle étude américaine. Les biologistes ont découvert cette capacité en affublant des seiches de lunettes 3D.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« La réaction de la seiche établit clairement qu’elle utilise la stéréopsie en chassant », affirme par voie de communiqué Trevor Wardill, de l’Université du Minnesota, qui est l’auteur principal de l’étude publiée cette semaine dans la revue Science Advances.

La stéréopsie permet de calculer la distance – ou profondeur – d’un objet à partir de la distance entre des images superposées provenant des yeux droit et gauche.

« Quand seulement un œil pouvait voir l’image de crevette, donc sans stéréopsie, la seiche prend plus de temps à se positionner pour attraper sa proie, écrit M.  Wardill. Avec les deux yeux, l’attaque est plus rapide. »

La seiche attrape la crevette en la frappant avec ses tentacules et lui inoculant des toxines.

Les biologistes du Minnesota ont travaillé, avec un biologiste de l’Université Cambridge, sur 11 seiches britanniques, dans un laboratoire de l’Institut Woods Hole au Massachusetts.

« La seiche a des yeux semblables à ceux des humains, mais un cerveau très différent », a indiqué dans le communiqué la coauteure Paloma Gonzalez-Bellido. « Le cerveau de la seiche ne semble pas avoir de section dédiée au traitement des images, comme notre lobe occipital. Nos résultats montrent qu’il doit y avoir une section dans leur cerveau qui s’occupe de la comparaison des images provenant de ses yeux droit et gauche. »

Contrairement aux autres céphalopodes, la seiche est capable d’orienter ses yeux de manière à regarder vers l’avant. Les chercheurs du Minnesota avancent que cela peut expliquer pourquoi elle est capable de stéréopsie. La mante, aussi réputée pour ses qualités de chasseuse, est la seule autre espèce d’invertébré capable de stéréopsie.