(Montréal) Un astronaute canadien participera au prochain voyage habité en orbite autour de la Lune qui aura lieu en 2023. Le Canada se joindra aux États-Unis pour cette première mission lunaire habitée depuis plus de 50 ans, a annoncé mercredi le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, Navdeep Bains, dans une conférence de presse.

Alice Girard-Bossé Alice Girard-Bossé
La Presse

La mission Artemis II est la première mission lunaire habitée depuis les missions Apollo. Le lancement est prévu pour 2023 et un astronaute de l’Agence spatiale canadienne en fera partie. L’identité de l’astronaute canadien qui se rendra sur la Lune n’est toutefois pas encore connue. Le Canada deviendra le deuxième pays au monde à envoyer un astronaute dans l’espace lointain, a déclaré le ministre Bains.

La passerelle lunaire Gateway

Le Canada contribuera également à l’élaboration d’une station spatiale lunaire, Gateway, qui sera en orbite autour de la Lune. L’Agence spatiale canadienne et la NASA ont signé le traité Gateway, « un accord historique qui garantit le rôle du Canada dans cet ambitieux projet », a indiqué le ministre Bains. Le traité confirme également qu’un astronaute canadien se rendra à la station spatiale lunaire, lorsqu’elle sera créée.

Cette nouvelle station spatiale lunaire sera mille fois plus éloignée de la Terre que la Station spatiale internationale. La passerelle lunaire fournira un espace habitable pour les astronautes, pour les laboratoires de recherches et pour les contrôles de missions d’exploration humaine de la Lune. « Ce sera un des projets les plus ambitieux, jamais entrepris par l’humanité », a déclaré le ministre Bains.

PHOTO JUSTIN TANG, LA PRESSE CANADIENNE

Navdeep Bains

Contrairement à la Station spatiale internationale, la passerelle lunaire ne sera pas habitée de façon continue par des astronautes. Un système de robotique, Canadarm3, utilisera l’intelligence artificielle, afin de maintenir des opérations dans l’espace quand les humains ne sont pas présents.

« Ce bras robotique va être doté d’un assez haut niveau d’intelligence artificielle pour être capable de fonctionner de manière autonome, a indiqué David Saint-Jacques, astronaute à l’Agence spatiale canadienne. C’est une très grande contribution du Canada de faire avancer l’automatisation et l’intelligence artificielle dans le domaine de la robotique. »

L’impact de Gateway

Selon Jenni Sidey-Gibbons, astronaute à l’Agence spatiale canadienne et ingénieure en mécanique, le potentiel de la découverte scientifique avec le projet Gateway est très prometteur. « On va cartographier la surface lunaire et on va avoir des images en plus grandes définitions », a-t-elle indiqué.

Lors des missions Apollo, les sites que les astronautes pouvaient visiter étaient limités. Grâce à la station Gateway, les astronautes pourront visiter différents sites lunaires, ce qui permettra d’obtenir des informations essentielles pour l’établissement de bases viables sur les autres planètes, a mentionné l’astronaute Jenni Sidey-Gibbons.

L’histoire géologique et les processus de formation de la surface lunaire seront également étudiés par les scientifiques canadiens, ce qui permettra d’obtenir des indices sur la composition des autres planètes et d’autres petits objets de notre système solaire.