Le froid ralentit les reptiles. Mais les serpents à sonnette semblent avoir une certaine protection à ce sujet.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Beaucoup de reptiles et d’autres animaux qui dépendent de sources extérieures de chaleur contractent moins bien leurs muscles par temps froid », a indiqué par voie de communiqué Tim Higham, de l’Université de Californie à Riverside (UCR), qui est l’auteur principal de l’étude publiée en juin dans le Journal of Experimental Biology.

Le biologiste californien, qui a travaillé avec des collègues de l’Université d’État de San Diego (SDSU), a mesuré la vitesse de réaction du crotale du Mojave à des menaces, dans des cages à température contrôlée. La menace était un ballon gonflable rempli d’eau tiède.

« Même si les humains ont peur des serpents, ces derniers sont la proie d’autres animaux, comme des oiseaux, des mammifères et d’autres serpents, commente M. Higham. Leur temps de réaction défensive est donc une variable importante pour leur survie. »

Les biologistes avaient estimé, sur la base des résultats d’autres espèces, que leur vitesse de réaction diminuerait de moitié à chaque chute de 10 degrés Celsius de la température. Or, entre les tests à 35 et 15 degrés Celsius, la baisse de la vitesse de réaction n’était que de 25 %, et non de 75 % comme cela aurait dû théoriquement être le cas.

Cela signifie que le crotale, et probablement d’autres serpents, utilise autre chose que la contraction de leurs muscles pour réagir à une menace. Cela explique pourquoi ils réussissent à survivre dans des régions où il fait froid une bonne partie de l’année, comme le sud du Canada.

Ceci dit, cette différence de 25 % dans la vitesse de réaction des serpents compliquait la gestion expérimentale à 35 degrés Celsius. « Les serpents étaient extrêmement rapides par temps chaud », a commenté l’étudiant au doctorat Malachi Whitford de SDSU. « Ils étaient difficiles à diriger vers les bons compartiments de leurs cages. »