Les deux espèces de varis qui vivent dans les forêts de Madagascar pourraient perdre 93 % de leur habitat d’ici 2070, selon une analyse publiée début janvier dans la revue Nature Climate Change.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Les varis sont responsables de la dispersion des semences d’un grand nombre de plantes vivant exclusivement dans les forêts vierges malgaches », expliquent par voie de communiqué les auteurs, qui proviennent d’une dizaine d’universités américaines. « Ils sont donc représentatifs de la santé de cet écosystème. »

Les varis roux, ainsi que les varis noir et blanc, sont deux des 101 espèces de lémuriens de l’île africaine. Il s’agit de petits primates.

Les biologistes américains ont fait des modélisations de déforestation et de l’impact des changements climatiques sur les forêts malgaches. Ils ont ensuite croisé ces cartes avec celles des régions de Madagascar où vivent les varis roux et les varis noir et blanc.

Résultat : la déforestation pourrait réduire cet habitat de 29 % à 59 % d’ici 2070, alors que le réchauffement de la planète pourrait en diminuer les dimensions de 14 % à 75 %. Le chiffre de 75 % représente une situation où les avancées technologiques en énergies cessent dès maintenant et où le taux de natalité remonte en Europe et en Asie et cesse de descendre en Afrique.

Les varis doivent leur nom à l’adaptation parfois erronée par les premiers naturalistes français à visiter Madagascar, au XVIIIe siècle, de noms d’animaux utilisés par les autochtones. Les lémuriens, de leur côté, ont été nommés ainsi par le naturaliste suédois Linné parce que leur vie nocturne lui rappelait celle de fantômes – les lémures sont des fantômes dans la mythologie romaine. À noter, Linné n’a jamais visité Madagascar et il a appliqué ce nom à un cousin des lémuriens habitant le Sri Lanka, selon l’Encyclopédie internationale de primatologie.