Des chercheurs allemands ont montré pour la première fois que des oiseaux sont capables d’entraide.

Mathieu Perreault
Mathieu Perreault La Presse

« Nous avons constaté que le perroquet jaco aide spontanément des perroquets qu’il connaît à atteindre un but, même sans avoir de bénéfice immédiat », explique par voie de communiqué la biologiste Désirée Brucks de l’Institut Max Planck d’ornithologie, en Bavière, qui est coauteure de l’étude publiée à la mi-janvier dans la revue Current Biology.

Les ornithologues s’intéressent depuis belle lurette aux capacités cognitives des perroquets et des corbeaux, parce qu’ils ont un cerveau relativement gros par rapport à leur corps. Pour cette raison, on les surnomme parfois « singes à plumes », selon les coauteurs.

Des études ont montré que le corbeau, malgré ses capacités cognitives impressionnantes pour un oiseau, ne se prête pas à l’entraide. Les chercheurs bavarois ont décidé de vérifier ce qu’il en est chez le perroquet jaco et l’ara de Coulon. Les tests ont été faits aux laboratoires de l’institut bavarois dans l’île espagnole des Canaries, au large de l’Afrique.

Le test était simple : on montrait à un cobaye qu’il pouvait avoir des noix s’il remettait à l’expérimentateur un disque de métal par une ouverture dans sa cage. Ensuite, on bloquait cette ouverture. Le perroquet pouvait cependant refiler un disque métallique à un congénère par une ouverture entre leurs deux cages, et ce dernier pouvait le donner à l’expérimentateur pour avoir des noix.

Seul le perroquet jaco s’est montré capable d’entraide.

« Le perroquet jaco avait une motivation intrinsèque à aider autrui, même si l’autre perroquet n’était pas son ami », explique l’autre coauteur, August von Bayern. « Il a donc un comportement prosocial. Sept des huit perroquets jacos ont donné le disque à leur partenaire dès le premier coup, sans jamais l’avoir rencontré, et sans avoir été testés dans l’autre rôle. Cette aide n’avait donc aucune perspective de bénéfice immédiat ou de réciprocité future. »

Les biologistes bavarois ont aussi noté que le cobaye ne passait le disque que si l’autre cobaye avait une ouverture dans sa cage lui permettant de donner le disque à l’expérimentateur et de recevoir des noix ; et que si les deux perroquets se connaissaient, le nombre de disques transférés était supérieur.

Les chercheurs veulent maintenant faire le test avec d’autres espèces de perroquets. Il y en a 393 en tout.