Notre galaxie a connu une poussée de croissance subite voilà un milliard d’années. Cela a donné lieu à plus de 100 000 supernovas – l’explosion d’une étoile en fin de vie – très fréquentes dans une région limitée du centre de la Voie lactée.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Notre étude sans précédent d’une grande partie du centre de la Voie lactée a fourni des données détaillées sur le processus de formation d’étoiles dans cette région de notre galaxie », explique par voie de communiqué Rainer Schödel, de l’Institut d’astrophysique d’Andalousie à Grenade, en Espagne, qui est l’auteur principal de l’étude publiée à la mi-décembre dans la revue Nature Astronomy. Contrairement à ce qui était accepté jusqu’à maintenant, nous constatons que la formation des étoiles n’a pas été continue. »

L’étude calcule que 80 % des étoiles du centre de la Voie lactée se sont formées entre 13,5 et 8 milliards d’années. Par la suite, pendant plus de 6 milliards d’années, il y a eu peu de formation d’étoiles. Un sursaut de formation d’étoiles, d’une durée de moins de 100 millions d’années, a terminé de peupler le centre de notre galaxie. Ce sursaut de formation d’étoiles a généré plusieurs dizaines de millions de fois la masse de notre Soleil.

« Au pic de cette période de formation accélérée d’étoiles, des étoiles équivalant à plus de 100 fois la masse de notre Soleil naissaient chaque année », a déclaré dans le communiqué Francisco Nogueras-Lara, de l’Institut d’astronomie Max-Planck à Heidelberg en Allemagne, qui est l’un des coauteurs de l’étude. « Cette activité intense, qui a dû causer l’explosion de plus de 100 000 supernovas, a probablement été l’une des périodes les plus énergiques de l’histoire de la Voie lactée. »

Durant une phase de formation accélérée d’étoiles, la plupart de ces dernières sont très massives, donc ont une durée de vie plus courte, ce qui rend les supernovas plus fréquentes.

L’étude est basée sur les données du Télescope européen austral (ESO) situé dans le désert d’Atacama, au Chili. Le programme Galactisnucleus de l’ESO se concentre sur une région mesurant 60 000 années-lumière carrées (un carré de 250 années-lumière de côté). La Voie lactée a un diamètre de 105 000 années-lumière.