Un ingénieur informatique indien a trouvé sur des images de la NASA des traces de la sonde indienne Vikram, qui s’est écrasée sur la Lune en septembre. Les astrophysiciens n’avaient rien détecté. Un rare exemple de science lunaire citoyenne.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

Qui est Shanmuga Subramanian ?

Le découvreur de l’épave de Vikram a 33 ans et vit à Chennaï (l’ancienne Madras). Selon les médias indiens, il est connu dans la ville grâce à une page Facebook, « Chennai Rains Live », où il dissèque les images satellites météo pour prévenir des orages plusieurs fois par jour. Il a affirmé avoir passé sept heures par jour pendant plusieurs jours à examiner pixel par pixel des images de la Lune avant et après le 6 septembre, le moment où la sonde indienne devait se poser sur la Lune.

Pourquoi la NASA n’avait-elle rien trouvé ?

En fait, M. Subramanian a pris contact avec la NASA à la fin du mois de septembre sur la base d’une anomalie concernant un seul pixel. Il avait alors utilisé des images croquées par la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter de la NASA le 17 septembre, et mises sur le site de la NASA le 26 septembre. La NASA a revu les images et confirmé que quelque chose clochait avec ce pixel du 17 septembre, qui ne se trouvait pas sur les images du début du mois. Mais l’agence américaine a préféré attendre trois passages supplémentaires de son orbiteur, en octobre et à la fin de novembre, pour confirmer formellement l’identification de tous les débris de Vikram, avec son cratère d’impact.

La sonde Vikram

La sonde Vikram était la deuxième sonde lunaire indienne, après l’impacteur Chandrayaan-1 en 2008 (la sonde Mangalyaan tourne autour de Mars depuis 2014). Vikram devait établir un record lunaire en se posant à 71 degrés de latitude, beaucoup plus près du pôle Sud que les autres sondes lunaires. La sonde chinoise Chang’e 4 détenait le record, soit 45 degrés de latitude, en janvier dernier. Le froid du pôle Sud lunaire permet probablement la présence d’eau à l’état liquide, ce qu’auraient pu confirmer Vikram, son robot motorisé Pragyan ou l’orbiteur Chandrayaan-2, qui est arrivé sur la Lune le 20 août après 29 jours de voyage. Chandrayaan signifie « chariot lunaire ».

Les raisons de l’écrasement

À la fin de novembre, l’agence spatiale indienne (ISRO) a indiqué que la destruction de Vikram avait été causée par un problème avec ses rétrofusées de freinage. La première partie de la descente, jusqu’à 7 km d’altitude, s’est bien déroulée. Mais ensuite, la vitesse n’a pas diminué assez rapidement, ce qui a provoqué la perte de Vikram à 500 m de son emplacement d’alunissage prévu.

Quelques chiffres astronomiques

100 : Nombre de satellites indiens en orbite

24 : Nombre de satellites d’autres pays lancés par des fusées indiennes

150 : millions US Budget de la mission Vikram

180 : millions US Budget de la mission chinoise Chang’e 4 en janvier dernier

280 : millions US Budget de la mission américaine Ladee en 2013

Sources : Organisation indienne pour la recherche spatiale (ISRO), space.com