Les inondations sur la côte Ouest américaine sont dues à des « rivières atmosphériques » qui traversent le Pacifique depuis l’Asie.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Nous montrons que les rivières atmosphériques sont les principales sources de dommages dus aux inondations dans l’Ouest américain », expliquent les auteurs de l’Université de Californie à San Diego (UCSD) dans leur étude publiée cette semaine dans la revue Science Advances. « Nous avons utilisé une échelle de rivières atmosphériques récemment mise au point, dont les catégories vont de 1 à 5. Chaque augmentation d’une catégorie à une autre correspond à des dommages 10 fois plus importants. »

Les climatologues californiens, qui ont travaillé avec des collègues du Corps des ingénieurs de l’Armée américaine, estiment que les rivières atmosphériques de catégorie 4 causent des dommages de plusieurs dizaines de millions de dollars et celles de catégorie 5, de centaines de millions de dollars.

Sur une carte de la quantité d’humidité des nuages (notre vidéo), les rivières atmosphériques sont des zones bleues au milieu des nuages blancs, qui voyagent depuis l’Asie vers l’Amérique.

Les chercheurs de UCSD ont calculé les jours précis des inondations et les ont liés à la présence ou l’absence de rivières atmosphériques. Ils ont aussi tenu compte de la sévérité des dommages causés par les inondations.

Entre 1978 et 2017, les inondations ont causé 50,8 milliards de dollars US de dommages dans les 11 États de la côte Ouest américaine. Les rivières atmosphériques ont été responsables de 84 % de ces dommages, soit 1,1milliard par année.

La pire inondation des 40 dernières années dans cette région a eu lieu début janvier 1995 au nord de San Francisco, après une rivière atmosphérique de catégorie 4 qui amenait une tonne d’eau par seconde au-dessus du fleuve Russian. Le fleuve a dépassé le niveau d’inondation pendant plus d’une semaine, causant 3,7 milliards US de dommages (5,8 milliards US en dollars courants).