Des neurologues californiens ont découvert que le cerveau reconnaît le langage en partie avec les accents.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

Ils ont utilisé pour ce faire l’un des plus célèbres parmi les 154 sonnets de Shakespeare, où il compare un jeune homme à un jour d’été (Shall I compare thee to a summer day). Dans la strophe où il énonce ce thème, il y a six accents.

Les biologistes et neurologues de l’Université de Californie à San Francisco ont constaté qu’une région du cerveau est activée seulement lors de ces six accents.

« Selon le modèle dominant de la compréhension du langage, le cerveau interprète une représentation analogue des sons », expliquent par voie de communiqué les auteurs de l’étude publiée mercredi dans la revue Science Advances. « Comme avec un tourne-disque, ces enregistrements analogues reflètent la représentation continue, moment après moment, des fluctuations de l’amplitude, une propriété du son qui change selon l’énergie de ce son. Une théorie alternative postule que le cerveau perçoit l’ensemble de l’enveloppe selon des paquets distincts d’informations, divisés par des moments particuliers du discours. La controverse au sujet du traitement continu ou par paquets du langage est l’une des énigmes les plus importantes de la recherche sur la compréhension du langage. »

Les résultats publiés dans Science Advances donne du poids à l’hypothèse alternative de l’interprétation par paquets distincts séparés par des accents. En d’autres mots, le cerveau ne fait pas la différence entre les syllabes après avoir analysé une phrase complète, mais au fur et à mesure que les syllabes sont délimitées par des accents.

L’étude a été faite auprès de 12 cobayes qui ont écouté 499 phrases dans huit dialectes de l’anglais.