Un cousin nain du cerf qui n’avait pas été vu depuis 30 ans a refait surface au Vietnam. Le chevreuil du Vietnam, qui mesure moins d’un mètre de haut, a été croqué par des caméras automatiques dans des forêts du centre du pays.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Dans notre ère d’extinctions massives, confirmer la survie d’une espèce disparue fournit une occasion unique de protection de la biodiversité », écrivent les auteurs lundi dans la revue Nature Ecology & Evolution. « Nous fournissons ici la preuve que Tragulus Versicolor existe toujours à l’état sauvage, fournissons les premières photos hors captivité et demandons une protection immédiate de son habitat pour assurer sa survie. »

Le dernier spécimen de chevreuil du Vietnam identifié à l’état sauvage était un cadavre examiné par des biologistes russes, qui ont publié leurs résultats en 1990 dans une revue académique soviétique. La première description de l’espèce dans la littérature scientifique remonte à 1910.

L’équipe internationale de biologistes vietnamiens, américains, allemands et australiens a interviewé une centaine d’habitants des forêts du centre du Vietnam. Une personne sur sept a rapporté la présence de plusieurs espèces de cervidés, dont l’une ressemblait au chevreuil du Vietnam. Ils ont utilisé ces informations pour placer 29 caméras automatiques dans la forêt voisine de la ville de Nha Trang, l’une des plus riches en biodiversité sur la planète, selon eux.

Les caméras automatiques ont fonctionné pendant trois mois et la moitié d’entre elles ont photographié le chevreuil du Vietnam. Au total, les chercheurs ont pris près de 1900 photos et vidéos de l’animal à 200 moments différents.

Les biologistes avancent que la présence du chevreuil du Vietnam dans cette forêt relativement tempérée signifie qu’il ne vit pas dans la jungle et les marais typiques du Vietnam, et donc que son habitat est restreint et fragile. Une incertitude demeure quant à l’altitude préférée du chevreuil du Vietnam, parce que le spécimen examiné en 1990 par les biologistes russes vivait dans les hauts plateaux près de la frontière du Cambodge. Dans Nature Ecology & Evolution, les chercheurs avancent que l’espèce est plus abondante à basse altitude, près de Nha Trang.