Le réchauffement de la planète fera disparaître d’ici 2100 au moins 19 % des colonies de manchots empereurs en Antarctique. Elles pourraient même péricliter presque totalement, selon une nouvelle étude.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Si le climat continue à se réchauffer au rythme actuel, nous prévoyons que les populations de manchot empereur en Antarctique déclineront de 86 % par rapport à leur niveau actuel d’ici 2100 », a déclaré par voie de communiqué Stéphanie Jenouvrier, une écologiste de l’Institut océanographique Woods Hole (WHOI) au Massachusetts, qui est l’auteure principale de l’étude publiée vendredi dans la revue Global Change Biology. 

« Il serait très peu probable que l’espèce survive à un tel déclin. »

Les chercheurs de WHOI ont combiné plusieurs modèles mathématiques pour estimer la position des colonies par rapport aux glaces et la fonte attendue selon divers modèles.

Si le réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle est limité à 1,5 degré Celsius d’ici 2100, l’Antarctique perdra 5 % de sa banquise et le nombre de colonies baissera de 19 %.

Si ce réchauffement est de deux degrés, la perte de banquise est de 15 % et 30 % des colonies disparaissent.

Si les émissions de gaz à effet se serre continuent à augmenter au même rythme que depuis un demi-siècle, le réchauffement sera de cinq à six degrés Celsius et 86 % des colonies disparaissent. La planète est déjà plus chaude d’un degré par rapport à l’ère préindustrielle.

Les colonies sont cruciales pour les manchots empereurs parce que c’est là qu’ils élèvent les jeunes.

Les chercheurs de WHOI ont travaillé avec le Centre d’études biologiques de Chizé (CNRS/Université La Rochelle) en France.