Six ans après Voyager 1, Voyager 2 a atteint les limites du système solaire. La sonde a franchi en novembre 2018 la zone où le vent interstellaire commence à se faire ressentir. Des chercheurs expliquent lundi dans la revue Nature Astronomy ce qui est semblable et différent pour les deux sondes.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« C’est très excitant pour nous », a indiqué en conférence de presse téléphonique, jeudi dernier, Ed Stone, de l’Institut de technologie de Californie (Caltech), qui est le chef scientifique du programme Voyager.

Étonnamment, les deux sondes ont atteint les limites l’héliosphère à environ la même distance, soit 120 unités astronomiques (une unité astronomique équivaut à la distance entre la Terre et le Soleil). L’héliosphère est la zone du système solaire où le vent en provenance de notre Soleil empêche la propagation du vent interstellaire en provenance d’autres étoiles.

« Ce n’était pas prévu, il nous faudra revoir nos modèles », a dit durant la conférence de presse de jeudi Stamatios Krimigis, de l’Université Johns Hopkins, qui était responsable de l’un des cinq instruments encore fonctionnels de Voyager 2. M. Krimigis est une sommité du domaine, ayant participé à une demi-douzaine de missions robotisées de la NASA, au point qu’un astéroïde est nommé en son honneur.

Autre énigme, contrairement à Voyager 1, Voyager 2 n’a pas noté de ralentissement du vent solaire avant l’héliopause, là où le vent solaire se fait sentir. Du vent solaire a même pu s’échapper de l’héliopause, ce que n’a pas relevé Voyager 1. Ces différences pourraient être reliées au cycle solaire de 22 ans, mais les modèles actuels ne fonctionnent pas, ont admis les quatre chercheurs présents à la conférence de presse de jeudi.

Voyager 2 continuera pendant quelques années à explorer le système solaire au-delà de l’héliopause, avant de devenir muet quand sa pile radioactive sera trop froide. L’influence gravitationnelle du Soleil s’étend au-delà de l’héliopause, probablement jusqu’à un réservoir de comètes appelé « nuage d’Oort », que les modèles actuels prédisent à une distance d’entre 1000 et 100 000 unités astronomiques.

Les deux sondes ont été lancées en 1977.