Des biologistes japonais et australiens ont installé des caméras vidéo sophistiquées sur l’aileron dorsal de requins blancs pour savoir comment ils chassent quand ils sont sous la surface. Ils ont découvert grâce à cette approche que le requin blanc ne dépend pas seulement de sa vision pour repérer ses proies.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

«On connaît bien la façon dont le requin blanc chasse à la surface, arrivant par exemple à toute vitesse pour attraper une otarie et sautant hors de l’eau», explique Yuuki Watanabe, un biologiste de l’Institut national de recherche polaire du Japon, qui est l’auteur principal de l’étude publiée en juillet dans la revue Marine Ecology Progress Series

«Mais les requins blancs qui vivent dans notre site d’étude, en Australie, ont rarement cette tactique. Avec notre technologie, on peut maintenant comprendre comment ils chassent sous la surface.»

Les nombreuses marques de dents sur les proies des requins blancs ayant survécu à une attaque montrent qu'il est très actif sous l’eau. Les 150 heures de vidéos ont donné sept épisodes de prédation à une profondeur de 0 à 53 mètres. Ils survenaient tant la nuit que le jour, ce qui signifie que les requins blancs ne se servent pas uniquement de leur vision pour trouver leurs proies, mais surtout d’autres sens, probablement l'odorat, expliquent les chercheurs.

Certains biologistes avaient avancé que le requin dépend du profil de ses proies près de la surface, c’est-à-dire de leur ombre qui se découpe face à la lumière, quand il se trouve sous elles.

Les chercheurs ont attiré huit requins avec des appâts et ont disposé avec un bâton d’installation une caméra vidéo attachée par une pince sur leur aileron dorsal. La caméra comprenait un accéléromètre, des capteurs de profondeur et d’accélération selon trois axes. Après un à deux jours, les instruments se détachaient du requin et allaient flotter à la surface.

  Le requin blanc atteint six mètres de longueur et peut vivre jusqu’à 70 ans.