Les sursauts radio rapides ont encore frappé. Cette fois, ils se révèlent utiles : des observations australo-européennes viennent de montrer, en suivant la trajectoire d’un sursaut radio rapide, que les halos galactiques ont une densité et un champ magnétique faibles.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Cette nouvelle technique pourrait être utilisée pour explorer les halos d’autres galaxies », notent les chercheurs de l’Observatoire européen austral (ESO), qui publiaient leurs résultats dans la revue Science le 26 septembre dernier.


Découverts en 2007 dans des archives astronomiques australiennes, les sursauts radio rapides sont très brefs, de l’ordre de la milliseconde. Au départ, certains chercheurs ont avancé qu’il pourrait s’agir d’une communication extraterrestre. Mais ils se sont finalement révélés trop fréquents : seule leur brièveté expliquait qu’on ne les avait pas auparavant détectés.


Le sursaut radio rapide qui fait l’objet de l’article de Science, FRB 181 112, a été détecté en novembre dernier par le réseau de télescopes australien Askap. FRB 181 112 était composé de quelques pulsions durant chacune moins de 40 microsecondes. Une réanalyse des images du très grand télescope (VLT) de l’ESO a permis de suivre FRB 181 112 à la trace.


Le halo d’une galaxie est dix fois plus large que la portion lumineuse de la galaxie. L’analyse du parcours de FRB 181 112 montre que la densité du halo de cette galaxie, qui n’a pas pu être identifiée par les chercheurs, est de 0,1 atome par centimètre cube. Les chercheurs notent aussi l’absence de « nuages froids turbulents » et de « petits amas denses de gaz froid » postulés par certains modèles décrivant les halos galactiques.


Un radiotélescope piloté depuis l’Université McGill, Chime, situé en Colombie-Britannique, sonde en continu depuis un an les cieux nordiques et devrait découvrir des centaines de sursauts radios rapides. Chime a déjà réussi à identifier des sursauts radios rapides à relativement basse fréquence, 400 mégahertz.