Certaines plantes ont développé des feuilles de formes irrégulières pour se protéger contre les coléoptères qui y pondent leurs oeufs, selon une étude japonaise.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« On savait que la présence de cire ou de poils constitue un moyen de défense des plantes contre les herbivores », expliquent les chercheurs de l’Université de Kyoto, qui publiaient début septembre leurs résultats dans la revue Nature Plants. « Nous montrons que des feuilles de forme compliquée diminue la capacité des coléoptères à examiner une feuille avant de l’enrouler autour de ses œufs. »

Les biologistes nippons ont étudié le coléoptère Apoderus praecellens, qui vit au pays du Soleil levant. Cet insecte pond ses œufs sur des plantes feuillues du genre Isodon. Or, Isodon umbrosus est moins souvent ravagé par ce coléoptère que Isodon trichocarpus. Cela ne s’explique pas par ses qualités nutritives, ont vérifié les chercheurs.

Apoderus praecellens commence sa nidation en faisant le tour de la feuille. Ensuite, il coupe une partie de la base de la feuille, près de la tige, pour enrouler la feuille autour de la veine principale, la continuation de la tige. Un œuf est déposé au bout de la feuille, et la feuille est enroulée autour de l’œuf à partir du bout jusqu’à la tige. Enfin, le coléoptère coupe la tige et amène la feuille en sécurité. Quand les larves éclosent, elles se nourrissent de la feuille.

Les biologistes de Kyoto ont remarqué que l’insecte a plus de difficulté à faire son examen initial si la feuille comporte des bords irréguliers, comme Isodon umbrosus. Cette simple différence suffit à décourager la nidation. Ils veulent maintenant confirmer que les feuilles dentelées d’Isodon umbrosus sont une réponse de l’évolution à la menace d’Apoderus praecellens.