Des ingénieurs coréens ont mis au point des muscles robotiques si souples qu’on peut s’en servir pour fabriquer des papillons, des fleurs en train d’éclore et des feuilles d’arbre bercées par le vent.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« La robotique prête à porter (wearable) et l’art cinétique démontrent comment les muscles robotiques peuvent avoir des applications amusantes et agréables », a déclaré par communiqué Il-Kwon Oh, chercheur à l’Institut coréen de sciences et de technologie avancées (KAIST), qui est l’auteur principal de l’étude publiée il y a deux semaines dans la revue Science Robotics. « Les petits muscles artificiels peuvent avoir des fonctions variées, comme les systèmes de rétroaction haptique et les appareils biomédicaux actifs. » La rétroaction haptique utilise la capacité de la peau à ressentir des variations de pression.

Un muscle robotique s’appelle un actuateur. Il prend de l’expansion, se contracte ou effectue des rotations tout comme les fibres musculaires, sous une impulsion électrique. Celui du centre de recherche et d’initiatives créatives du KAIST est fabriqué d’un matériau appelé MXene, d’une épaisseur de quelques atomes, dans ce cas-ci du titane et du carbone. Le MXene était ensuite « croisé ioniquement » relié par un lien ionique basé sur l’attraction électrique, à un polymère de synthèse. C’est ce polymère qui assurait la flexibilité de l’actuateur. Ce dernier a comme caractéristique de répondre très rapidement à des voltages bas et d’avoir une durée de vie de cinq heures en continu.

Le projet — similaire à l’origami — de pétales de narcisse en éclosion, de papillons battant des ailes et de feuilles sur un arbre balançant sous le vent visait à explorer les limites de la technologie MXene en robotique souple. La prochaine étape est un muscle robotique 2D MXene de l’échelle des nanomatériaux.