Des étudiants de l’Université de Montréal et de Polytechnique s’envoleront demain pour les Pays-Bas, où ils participeront à la compétition médicale SensUs, portant sur des appareils capables de mesurer rapidement et avec peu de sang le taux d’un médicament sophistiqué pour l’arthrite rhumatoïde. Le public pourra voter pour son concurrent favori.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

Une goutte de sang, cinq minutes d’attente

Après une première participation au concours international néerlandais l’an dernier, l’équipe montréalaise BiosensUM s’est mise au travail pour le défi de cette année : détecter en moins de cinq minutes, avec très peu de sang, la concentration du médicament Humira, utilisé pour l’arthrite rhumatoïde et d’autres maladies auto-immunes. « C’est un médicament très délicat qui inhibe un médiateur de l’inflammation », explique Frédéric Fournelle, étudiant à la maîtrise en chimie. « À faible dose, il n’y a pas de problème, mais s’il y en a trop, il y a des effets secondaires, des infections. Et dans une bonne minorité des cas, il y a de la résistance, donc seulement des effets secondaires. Le dosage est très difficile, le patient doit se déplacer et attendre des heures pour le résultat. Le test doit être fait par un professionnel. Notre test prend cinq minutes, on branche l’appareil sur un téléphone intelligent et on utilise moins d’une goutte de sang. »

Un vote du public

Le concours en est à sa quatrième année, toujours à l’Université de technologie d’Eindhoven aux Pays-Bas. « Il y a deux ans, SensUs a approché notre professeur, Jean-François Masson, une sommité en chimie analytique et en conception d’appareils médicaux », explique Jean-Antoine Gauthier-Cyr, qui fait actuellement un bac en génie chimique à Polytechnique Montréal après un bac en chimie. Les deux étudiants faisaient partie de l’équipe l’an dernier. « Il y a de nombreuses catégories, dont le sérieux du plan d’affaires, et aussi un prix du public. » Comment se sont classés les Montréalais l’an dernier ? « Seules les deux premières places de chaque catégorie sont dévoilées, mais on comprend qu’on était dans le premier tiers partout, sur 14 équipes », explique M. Gauthier-Cyr. Les Néerlandais ne sont-ils pas avantagés pour ce qui est du prix du public ? « Non, l’an dernier ce sont des Égyptiens qui ont gagné. » Les votes pour le prix du public auront lieu à partir du 29 août en après-midi.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

L’appareil développé par l’équipe de BiosensUM

Une question de rentabilité

L’an dernier, le défi était de détecter la vancomycine, un antibiotique. L’appareil montréalais FlowsensUM n’avait pas été commercialisé parce que les marges de profit dans le traitement des infections étaient très faibles. Ils ont cette fois une demande de brevet pour leur appareil de détection pour Humira. « C’est un médicament qui coûte très cher, jusqu’à 3000 $ par mois, dit M. Fournelle. Peu de compagnies d’assurances le remboursent en première ligne. Alors, il y a plus de fonds pour un nouveau test de détection. »