Des ingénieurs roboticiens ont créé un robot-coquerelle pratiquement indestructible.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« La plupart des robots aussi petits sont très fragiles », explique Liwei Lin, un ingénieur mécanique de l’Université de Californie à Berkeley qui est l’auteur principal de l’étude publiée fin juillet dans la revue Science Robotics. « Si on en écrase un avec son pied, ça le détruit. Le nôtre fonctionne assez bien même si on marche dessus. »

Le robot mesure quelques centimètres et est composé d’une fine couche de métal « piézoélectrique », qui se contracte ou prend de l’expansion quand on le soumet à un courant électrique. La couche de métal piézoélectrique est recouverte d’un polymère élastique, qui transforme le mouvement d’expansion et de contraction en flexions.

Un petit pied est fixé sous le tout, ce qui lui permet de se déplacer à la manière d’une grenouille à une vitesse de 30 centimètres par seconde, un record chez les robots insectes. C’est une vitesse comparable à celle de la coquerelle. Il peut aussi se faufiler dans des interstices, le long de petits tuyaux et aussi grimper de faibles pentes.

Le robot-coquerelle peut transporter de petites charges, comme une cacahuète, et résiste à une charge de 60 kg, un million de fois son propre poids. « Pour le détruire, il faut tourner le pied pour l’écraser, comme pour une coquerelle », dit M. Lin.

Les ingénieurs californiens pensent qu’il pourrait être utile dans des environnements instables, par exemple après un tremblement de terre, pour détecter la présence de survivants ou de gaz nocifs.

Le robot-coquerelle de Berkeley est actuellement alimenté par un petit fil électrique. L’équipe planche sur une pile assez légère pour ne pas affecter sa performance – et aussi résistante que le robot - ainsi que sur un logiciel de navigation lui permettant de contourner les quelques obstacles à son épreuve.