Quelques milligrammes de toute l’actualité scientifique de la semaine

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

Audrey-Maude Vezina
La Presse

Les tortues de mer se féminisent

Une étude publiée dans le journal Marine Ecology Progress Series prévoit que plus de 99 % des bébés tortues seront des femelles d’ici 2100. Actuellement, les chercheurs estiment que seulement 16 % des petits qui éclosent sont des mâles. Puisque la température d’incubation influe sur le sexe des petits, la situation ne va qu’empirer avec les changements climatiques. Les chercheurs ont fait trois simulations en fonction d’une quantité d’émissions de gaz à effet de serre faible, moyenne ou élevée. Dans les trois scénarios, moins de 1 % des bébés tortues seraient des mâles. Les simulations sont basées sur les habitudes de nidification actuelles. Les chercheurs croient donc que les tortues pourront s’adapter, mais seulement jusqu’à un certain point. Par exemple, les tortues pourraient devancer leur période de nidification, profitant ainsi d’une température plus froide. Malgré tout, les scientifiques croient que les tortues n’évolueront pas assez vite pour faire face aux changements climatiques.

Quiz

Quelle particularité a une population de koalas identifiée dans l’île Kangourou, en Australie ?

PHOTO FOURNIE PAR L’UNIVERSITÉ D’ADÉLAÏDE

Un koala de l’île Kangourou

Elle n’est pas infectée par la chlamydia. C’est la seule population de koalas exempte de cette bactérie qui a commencé à décimer l’espèce à partir des années 70. La chlamydia rend les koalas aveugles et infertiles et cause des problèmes de reins ultimement mortels. Dans la revue Scientific Reports, début juillet, les biologistes de la fondation Morris, dédiée au bien-être animal, proposaient de lancer un programme de reproduction en captivité de koalas de l’île Kangourou, qui est au large d’Adélaïde, afin de réintroduire l’espèce là où elle est disparue.

57 %

PHOTO FOURNIE PAR L’UNIVERSITÉ ROVIRA

Une plage de Tarragone, en Espagne

C’est la proportion de plastique retrouvé sur les plages de Tarragone, en Espagne, qui provient de fibres textiles. La pollution textile commence à peine à être prise en compte dans les évaluations environnementales et un potentiel énorme d’amélioration des pratiques industrielles existe, selon les chercheurs du domaine. Ces résultats ont été présentés par des chercheurs de l’Université Rovira i Virgili de Tarragone à la rencontre annuelle de la Société européenne de toxicologie et de chimie environnementale (SETAC), début juillet à Helsinki.

Une araignée à la mode

PHOTOS FOURNIES PAR ROBERT WHYTE, MICHAEL DOE ET CENAK

En haut, Jotus fortifiée ; en bas à gauche, Jotus karllagerfeldi ; en bas à droite, araignée Jotus encore non identifiée.

La haute couture a maintenant son araignée officielle : Jotus karllagerfeldi. Cette araignée sauteuse australienne arbore des rayures blanches et noires qui ont rappelé à ses découvreurs, des biologistes allemands et australiens, le style de feu Karl Lagerfeld, mort l’hiver dernier. La nouvelle espèce a été découverte dans la collection d’un entomologiste allemand du XIXe siècle, préservée à l’Université de Hambourg. Dans le même article de la revue Scientific Reports, début juillet, les biologistes présentaient deux autres espèces d’araignées sauteuses du genre Jotus, identifiées dans la collection du musée de Queensland, à Brisbane, et nommées en l’honneur d’entomologistes australiens.

La Finlande d’il y a 1500 ans...

ELISABETH HOLMQVIST-SIPILÄ/MUSÉE NATIONAL FINLANDAIS

Des restes humains et objets retrouvés sur le site funéraire de Levänluhta.

Les Finlandais vivant aux IVe et Ve siècles après Jésus-Christ commerçaient par des intermédiaires avec la Méditerranée, ont découvert des archéologues de l’Université d’Helsinki et de la Commission géologique finlandaise. Ils ont évalué la provenance de bijoux trouvés dans le site funéraire de Levänluhta, situé sur les rives d’un lac dans l’ouest du pays. Dans le Journal of Archaeological Science : Reports en juin, les chercheurs réfutent la thèse précédemment acceptée que les bijoux en bronze de l’époque venaient du sud de la Suède. Le site de Levänluhta est exploré depuis plus d’un siècle, mais il était connu comme un cimetière ancien par la population locale depuis au moins le XVIIe siècle.

... et le Japon d’il y a 2500 ans

PHOTO TIRÉE DE WIKIMEDIA COMMONS

Une sculpture Jomon

Des généticiens de l’Université de Tokyo ont confirmé pour la première fois avec l’ADN la théorie généralement acceptée sur le peuplement du Japon. L’archipel a tout d’abord été peuplé par la civilisation Jomon, voilà 15 000 ans, qui a, au Ve siècle avant Jésus-Christ, a été remplacée par la civilisation Yayoi, venue de la péninsule coréenne. Les chercheurs, qui ont publié en juin dans la revue Scientific Reports, ont analysé le génome d’un millier de Japonais, de Coréens et de Chinois pour arriver à leur conclusion.

Une solution pour vivre sur Mars ?

PHOTO FOURNIE PAR L’UNIVERSITÉ HARVARD

En hiver, les pôles sur Mars sont composés d’eau et de gaz carbonique gelés. Le CO2 gelé permet aux rayons du soleil de le traverser tout en emprisonnant la chaleur qu’ils génèrent. Lorsque l’été martien survient, des poches de chaleur se créent alors sous la glace, que l’on voit ici sous forme de taches noires.

Depuis une cinquantaine d’années, les scientifiques souhaitent rendre la surface de Mars habitable. Certains proposaient d’utiliser les gaz à effet de serre et l’eau sur Mars pour augmenter la pression atmosphérique de la planète. Or, cette méthode permettrait d’atteindre uniquement une pression équivalant à 7 % de celle de la Terre. Au lieu de tenter de rendre toute la planète habitable, des chercheurs américains proposent plutôt de modifier la surface de Mars à petite échelle en utilisant un matériel appelé aérogel de silice. Dans leur article, publié dans le journal Nature Astronomy, ils indiquent qu’une bulle de 2 à 3 cm d’épaisseur laisserait passer assez de lumière pour la photosynthèse tout en protégeant des rayons ultraviolets dangereux. La température sous cette bulle serait assez élevée pour avoir de l’eau liquide. Les chercheurs veulent tester leur idée dans un environnement qui présente des conditions martiennes comme en Antarctique ou au Chili.

L’allaitement chez nos ancêtres

IMAGE TIRÉE DE WIKIMEDIA COMMONS

Dessin d’artiste d’un Australopithecus africanus

Des dents vieilles de plus de deux millions d’années ont permis de connaître les habitudes d’allaitement chez un ancêtre éteint de l’humain, l’Australopithecus africanus. Les dents présentent des patrons de croissance, un peu comme les anneaux chez les arbres. Des chercheurs ont analysé ces différentes sections pour des traces d’élément chimique. Ils ont retrouvé des traces de baryum, un élément présent dans le lait. Ils ont ainsi déterminé que l’hominidé allaitait jusqu’à environ 1 an. Par la suite, l’allaitement recommençait tous les quatre à six mois. Les chercheurs suggèrent que ce retour à l’allaitement serait lié à un manque de nourriture pendant la période hivernale. Ces habitudes alimentaires indiquent que l’A. africanus était plus près de l’homme que du singe, qui allaite pendant plusieurs années.