Cinquante ans après que le premier homme a marché sur la Lune, le rêve de devenir astronautes ne captive plus les enfants. Leur aspiration première ? Devenir youtubeurs.

Nicolas Bérubé Nicolas Bérubé
La Presse

Rêve ultime

Il y a 50 ans cette semaine, les astronautes Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins décollaient à bord de la fusée Saturn V. Objectif : atteindre la Lune, ce qu’Armstrong et Aldrin ont fait le 21 juillet 1969. L’évènement historique a poussé quantité de jeunes à entreprendre des études en science et en ingénierie, et « devenir astronaute » était vu comme le rêve ultime. Cinquante ans plus tard, le rêve a changé : les jeunes Américains et Britanniques qui disent vouloir devenir astronautes sont trois fois moins nombreux que ceux qui disent vouloir devenir youtubeurs, soit vedettes sur YouTube, selon un sondage de la firme Harris commandé par le fabricant de jouets Lego.

86 %

Le tableau n’est pas tout sombre pour autant : l’espace intéresse 86 % des enfants, et 90 % des jeunes disent vouloir en apprendre plus sur le sujet. Et près de 9 enfants sur 10 croient que ce n’est qu’une question de temps avant que les humains marchent sur Mars. Mais lorsque vient le temps de nommer la carrière qui les fait rêver, 29 % des jeunes Américains et 30 % des jeunes Britanniques disent vouloir devenir youtubeurs, suivi d’enseignants, d’athlètes professionnels, de musiciens et, finalement, d’astronautes (11 %).

La Chine se démarque

Le rêve de devenir astronaute n’est pas mort partout : la carrière arrive en première place en Chine, le troisième pays sondé. Pas moins de 56 % des jeunes Chinois ont fourni cette réponse. En Chine, 96 % des enfants croient que les humains habiteront un jour une autre planète que la Terre, et 95 % voudraient eux-mêmes habiter une telle planète. Aux États-Unis, les réponses à ces questions oscillaient entre 62 % et 68 %.

Rêve moins brûlant

Pourquoi cette baisse d’intérêt pour la carrière d’astronaute ? Le sondage n’a pas posé la question et n’y répond pas. On peut supposer que le rêve de devenir astronaute était plus brûlant au moment où la course pour envoyer un humain dans l’espace et sur la Lune monopolisait les médias et fascinait le public, dans les années 60 et au-delà. Depuis, la question fait rarement les manchettes. L’étude de la firme Harris a été réalisée auprès de 3000 enfants âgés de 8 à 12 ans aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Chine, du 30 mai au 8 juin 2019.

Mars, une priorité ?

La question d’envoyer des humains sur Mars – ce que la NASA dit vouloir faire d’ici les années 2030 – ne suscite pas l’engouement du public américain. Dans un sondage de la firme Pew diffusé hier, à peine 18 % des adultes sondés disent que cela devrait être une priorité absolue pour la NASA. Ce qui est prioritaire ? Étudier les composantes clés du système climatique de la Terre, ont répondu 63 % des personnes sondées, suivi de l’étude des astéroïdes ou des objets pouvant potentiellement heurter la Terre (62 %). « Les Américains voient d’autres priorités pour la NASA que d’envoyer des gens sur Mars ou sur la Lune », notent les auteurs du sondage. Du même coup, 72 % des Américains croient que les États-Unis doivent demeurer l’un des chefs de file mondiaux dans le domaine de l’exploration spatiale.