Une fusée Falcon Heavy de la firme SpaceX a lancé le 25 juin dernier en orbite la constellation de six satellites américano-taïwanais Cosmic-2, qui va aider à prédire les tempêtes tropicales et la météo spatiale.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

Le réseau Cosmic-2 va utiliser une technologie appelée « occultation radio ». « C’est l’une des principales avenues pour diminuer les erreurs de prévisions météorologiques à court terme, parce qu’elle est peu affectée par les nuages et les précipitations », a expliqué avant le lancement, par voie de communiqué, Daryl Kleist, physicien au Centre de modélisation environnemental de l’Administration océanique et atmosphérique des États-Unis (NOAA).

L’occultation radio mesure comment les ondes radios du système de navigation Global Positioning System (GPS), et des autres systèmes de navigation, se déplace dans l’atmosphère. Les chercheurs de la NOAA pensent avoir 5000 occultations radios par jour sur l’Atlantique et le Pacifique, particulièrement au niveau des Tropiques. La mesure de la pression et de la température sera plus précise, ce qui devrait affiner les prévisions sur 30 minutes pour les typhons et ouragans, ainsi que pour les tempêtes tropicales moins intenses.

Ces mesures pourront ensuite être appliquées aux systèmes météorologiques plus au nord, puisque l’humidité des tropiques est un facteur très important pour la météo au Canada, en Scandinavie et dans le nord de l’Extrême-Orient.

Le premier réseau Cosmic, lancé en 2006, était en orbite plus proche du pôle Nord, donc moins utile pour les ouragans. Il servait surtout à la prévision de la météo spatiale.

Les trois instruments de Cosmic-2 dédiés à la météo spatiale détectent l’activité électrique dans l’ionosphère, la portion de l’atmosphère qui s’étend de 50 à 1000 km d’altitude. C’est là que les rayons à haute énergie du soleil sont interceptés, ce qui crée des interactions avec les gaz de l’atmosphère, 50 fois moins dense à cette hauteur. Ces phénomènes électriques, qui incluent notamment les aurores boréales, ont des effets sur les satellites.