Le gouvernement québécois et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) sont arrivés à une entente sur le guichet d’accès à la première ligne (GAP).

Les détails de la nouvelle entente, annoncée en fin de journée jeudi, ne sont pas encore connus. La FMOQ les communiquera à ses membres ce vendredi midi.

« Les avancées que nous avons réalisées avec l’entente passerelle pour le GAP vont permettre de conserver certains principes importants, comme l’inscription collective, tout en facilitant un meilleur accès », a affirmé le cabinet du ministre de la Santé, Christian Dubé, dans une déclaration écrite.

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La présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel

Les patients inscrits à un groupe de médecins de famille peuvent donc « être rassurés », selon la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel. Cette entente « permettra de maintenir la prise en charge de plus de 900 000 patients et de s’assurer qu’ils soient vus ».

Le travail n’est pas terminé. Maintenant, nous consacrerons notre énergie à négocier le renouvellement de l’entente-cadre.

Sonia LeBel, présidente du Conseil du trésor, dans une déclaration écrite

Le président de la FMOQ, le DMarc-André Amyot, a quant à lui qualifié l’entente de « positive » pour les patients orphelins et les patients pris en charge collectivement qui doivent passer par le triage du GAP pour obtenir un rendez-vous médical.

« On aurait souhaité que l’entente antérieure se poursuive, a-t-il dit en entrevue à La Presse. Pour la population, pour l’organisation des services, on est heureux. Mais il y a toujours des enjeux auxquels on fait face. »

Et la prime de 120 $ ?

La fameuse prime de 120 $ était au cœur des négociations entre Québec et la FMOQ. Jusqu’au 1er juin dernier, les médecins de famille avaient droit à un montant de 120 $ lorsqu’ils voyaient un patient orphelin ou pris en charge collectivement lors d’une consultation offerte par le truchement du GAP.

La prime demeurera-t-elle ? Le DAmyot n’a pas voulu répondre à cette question « par respect pour ses membres », qui n’étaient pas encore informés à ce sujet.

Lors d’un point de presse en après-midi, le président de la FMOQ a indiqué qu’une baisse du montant de 120 $ faisait « partie des discussions en cours ».

Cette prime a servi à « embaucher du personnel, louer des locaux pour pouvoir accueillir davantage de patients », a-t-il rappelé.

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Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), Marc-André Amyot

En entrevue à La Presse, le DAmyot s’est dit « déçu » de certains éléments de la nouvelle entente passerelle. L’entente précédente bonifiait la rémunération de médecins pratiquant dans des secteurs comme les CHSLD et les soins à domicile. « Pour que les médecins qui œuvrent en CHSLD ne disent pas : “Je vais aller faire du GAP”, on avait équilibré la rémunération, explique-t-il. Ce volet n’a pas été priorisé par le gouvernement. » Leur bonification disparaît et sera rediscutée lors des négociations de l’entente-cadre.

Des patients qui font les frais du différend

Bien des patients attendaient l’issue de ces négociations. Depuis le 1er juin, le nombre de rendez-vous médicaux offerts par l’entremise du GAP a chuté brutalement. Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), 5841 consultations médicales étaient proposées au GAP en date du 6 juin pour la semaine du 15. Québec en dénombre habituellement de 18 000 à 23 000 par semaine.

Selon des regroupements d’urgentologues, davantage de Québécois sans médecin de famille se sont rendus aux urgences de certains hôpitaux, récemment, faute d’avoir obtenu un rendez-vous médical au GAP.

Lisez l’article « Fin de l’entente sur le GAP : aux urgences pour de simples suivis »

En mêlée de presse au Palais des congrès de Montréal jeudi matin, le ministre Christian Dubé a reconnu qu’« en ce moment, l’urgence, c’est malheureusement l’alternative qui est prise par plusieurs ». « Mais quand on appelle au GAP, les gens peuvent être [orientés vers] un pharmacien – vous avez vu comment on a étendu les services –, ils peuvent aller dans un CLSC où une infirmière praticienne spécialisée peut aussi les prendre en charge », a-t-il indiqué.

Après la conclusion de l’entente passerelle, le cabinet du ministre Christian Dubé a remercié les médecins de famille qui ont continué de voir des patients du GAP pendant les négociations.