(Québec) Les Québécois devront prendre leur mal en patience : les négociations du gouvernement avec les médecins de famille pourraient prendre « plusieurs mois », a laissé entendre le premier ministre François Legault vendredi.

Et les impacts se font sentir : le nombre de rendez-vous offerts sur le Guichet d’accès à la première ligne (GAP) est passé de 17 604 dans la semaine du 18 mai à 1133 pour la semaine du 29 juin.

En conférence de presse pour faire son bilan au dernier jour de la session parlementaire à Québec, le chef caquiste a dit que son gouvernement allait tenir tête à la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), contrairement aux gouvernements précédents, selon lui.

Une entente qui accordait 120 $ pour la prise en charge de chaque nouveau patient a pris fin le 31 mai, et depuis, le nombre de plages de rendez-vous disponibles par l’entremise du GAP a chuté dramatiquement.

M. Legault a dit souhaiter que les médecins de famille soient « quand même responsables », même si la FMOQ se défend d’avoir donné un mot d’ordre à ses membres.

« Il va falloir se battre jusqu’au bout » dans les négociations avec la FMOQ, a-t-il évoqué.

Questionné à savoir s’il disait ainsi aux Québécois en attente d’un rendez-vous que l’affrontement à la table de négociations allait être long et ardu, M Legault a répondu : « quand je regarde l’état des négociations, on est très loin d’une entente, ça pourrait prendre plusieurs mois ».

Mais son équipe a peu après précisé qu’il ne répondait pas concernant le renouvellement de la prime de 120 $ pour la prise en charge, mais bien concernant le renouvellement de la plus large entente-cadre avec la FMOQ.

On a assuré qu’on ne voulait « pas envoyer le mauvais message » dans le contexte délicat et difficile de ces négociations.

Les données sur les rendez-vous offerts par l’entremise du GAP illustrent une tendance à la baisse, plus l’échéance du 31 mai approchait. Selon les données du ministère de la Santé, dans la semaine du 25 mai, il y avait 18 398 rendez-vous accessibles ; la semaine du 1er juin, 6396 ; la semaine du 8 juin, 5809 ; la semaine du 15 juin, 5400 ; la semaine du 22, 3835 ; et la semaine du 29 juin, 1133.

Concernant les enjeux à négocier, la semaine dernière, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a d’ailleurs lancé un appel au « courage » aux fédérations de médecins, à propos de la tarification de leurs actes.

« Est-ce qu’on est capable d’avoir le courage de repenser certains de nos honoraires, de nos tarifications pour mieux tenir compte de la population vieillissante ? Est-ce qu’on pourrait s’assurer qu’une tarification différente pour aller à domicile pourrait être mieux adaptée pour justement favoriser les soins à domicile ? »

À la période de questions vendredi, M. Legault a fait savoir qu’il ne pourra jamais y avoir d’amélioration « importante » dans les soins, les services et l’accessibilité en santé s’il n’y a pas de « vraie prise en charge par les médecins de famille » et s’il n’y a pas de « flexibilité » dans les négociations avec le syndicat des infirmières, la FIQ.

Le chef intérimaire de l’opposition officielle, Marc Tanguay, y a vu l’admission d’un mauvais bilan du gouvernement caquiste.

« Qu’est-ce qu’il vient de dire ? […] Ils n’ont donc jamais réussi à améliorer les soins de santé. C’est l’aveu même de la bouche du premier ministre. Il est dans sa sixième année, déficit record, et, en santé, on ne réussira jamais à améliorer les soins. »