Efficaces, mais douloureux, les défibrillateurs sous la peau sauvent des vies en donnant une décharge au cœur pour rétablir un rythme normal. Or, une nouvelle option qui réduit la douleur et les risques de complications vient d’être implantée chez des Québécois cette semaine. Une première dans la province.

« Tout a bien été »

Ce défibrillateur nouvelle génération a été implanté chez un homme et une femme jeudi à l’Institut de cardiologie de Montréal (ICM). L’intervention fut un succès, se réjouit la Dre Blandine Mondésert, cardiologue de l’ICM. « Ils n’ont quasiment pas de douleur. Tout a bien été. Les défibrillateurs ont été testés et chaque fois ils ont bien fonctionné », dit la spécialiste. Le premier patient a eu son congé jeudi soir et la deuxième vendredi matin. Pour prévenir les arrêts cardiaques, l’ICM pose environ 550 défibrillateurs cardiaques chaque année.

PHOTO FOURNIE PAR L’INSTITUT DE CARDIOLOGIE DE MONTRÉAL

Les équipes de la Dre Blandine Mondésert et du DPierre-Emmanuel Noly lors de la pose du nouveau défibrillateur jeudi.

Sauver la vie du patient

L’infarctus, les problèmes de valves cardiaques et certaines infections virales peuvent affaiblir le muscle cardiaque et provoquer des troubles du rythme. Ces pathologies peuvent notamment entraîner des battements cardiaques rapides potentiellement dangereux. Dans ces situations, un défibrillateur, un appareil électronique qui écoute le rythme cardiaque en permanence, peut être implanté chez le patient, afin de potentiellement lui « sauver la vie », dit la Dre Mondésert. En cas de trouble du rythme, deux sortes de traitements peuvent être offerts : soit le défibrillateur envoie une douloureuse décharge électrique, soit il stimule rapidement le cœur de façon indolore, ce qu’on appelle le traitement ATP.

Diminuer les complications et la douleur

IMAGE FOURNIE PAR MEDTRONIC

Le défibrillateur nouvelle génération

Jusqu’à présent, il existait deux principaux types de défibrillateurs. Le premier, implanté directement dans les veines du cœur, peut stimuler le cœur grâce au traitement ATP. Toutefois, le positionnement de l’appareil électronique dans les vaisseaux sanguins peut engendrer des complications, indique la Dre Mondésert. Le second type de défibrillateur, implanté sous la peau, diminue les complications, mais ne peut pas utiliser le traitement ATP. Le nouveau défibrillateur posé jeudi combine les avantages des deux méthodes précédentes, sans leurs inconvénients. Il permet ainsi de stimuler le cœur sans douleur, mais également sans les risques élevés de complications, puisqu’il n’est pas installé à l’intérieur des vaisseaux sanguins.

Des traumatismes liés au choc

Si possible, les décharges induites par le défibrillateur sont à éviter. « Certains ont des traumatismes psychologiques à la suite d’un choc, comme des syndromes post-traumatiques », dit la Dre Mondésert. Par ailleurs, des études démontrent que de recevoir une décharge du défibrillateur augmente le risque de mortalité à long terme, indique-t-elle. Le nouveau défibrillateur de l’entreprise Medtronic devrait éviter les décharges dans 70 à 80 % des cas. Des décharges peuvent tout de même être délivrées si le traitement de stimulation cardiaque s’avère inefficace.

En voie de se répandre

Plusieurs centres hospitaliers au Québec offrent également la pose de défibrillateurs, notamment le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS), le Centre universitaire de santé McGill et l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ). Ces établissements devraient procéder prochainement à l’implantation de ces nouveaux défibrillateurs, indique la Dre Mondésert. « L’IUCPQ va en mettre bientôt chez des patients. Ils sont quasiment prêts », dit-elle. Ces défibrillateurs de nouvelle génération ne pourront toutefois pas être posés chez tous les patients, puisqu’ils ne peuvent pas être implantés chez quelqu’un qui a déjà eu une opération cardiaque.