(Québec ) Le « Plan santé » du ministre Christian Dubé n’est rien de plus que le « programme électoral » de la Coalition avenir Québec, a déploré l’opposition, mardi. Elle accuse le gouvernement Legault de ne pas respecter sa promesse visant à ce que chaque Québécois ait un médecin de famille.

Publié le 29 mars
Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse
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Les partis de l’opposition ont taillé en pièces le plan de redressement du réseau de la santé, présenté en grande pompe mardi à Montréal par le ministre Christian Dubé.

« C’est un programme électoral, une publicité payée, une publicité d’une heure à la télévision où on arrive, pas de chiffre, pas d’objectif », a décoché le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Vincent Marissal, député de Québec solidaire

Vincent Marissal, de Québec solidaire, avait des propos semblables : « C’est un programme électoral qu’ils sont en train de tester à quelques mois des élections. Ce n’est pas un plan de réorganisation, de refondation ou de ce que vous voulez, parce que pour le moment, ça repose sur des vœux pieux. »

Pour la cheffe libérale, Dominique Anglade, « l’éléphant a accouché d’une souris ».

« On nous avait promis quelque chose de costaud, on nous avait promis quelque chose de vraiment significatif », a-t-elle affirmé.

Des vieilles promesses, dit l’opposition

Selon l’opposition, le plan de M. Dubé reprend essentiellement les promesses non réalisées de 2018. Le gouvernement Legault promet d’étendre la formule du Guichet d’accès à la première ligne élaboré au Bas-Saint-Laurent ailleurs au Québec d’ici la fin de l’été. Un patient pourrait avoir accès à un professionnel dans un délai de 36 à 72 heures, et même après deux semaines selon le besoin, a indiqué mardi M. Dubé.

Encore récemment, le gouvernement parlait d’avoir accès à un professionnel de la santé dans les 36 heures.

« Voici une volte-face spectaculaire de la CAQ. Ils ont fait campagne, en 2018, sur un médecin pour tout le monde », a critiqué M. Marissal.

Le Parti québécois doute pour sa part que ce genre de guichet vienne régler le problème d’accès à la première ligne alors que plus de 1 million de Québécois sont sans médecin de famille.

Ce n’est pas le guichet, la clé, c’est : est-ce qu’il y a des professionnels pour prendre le patient et, surtout, est-ce qu’il y a des professionnels pour faire le suivi auprès des patients ?

Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Le député libéral Monsef Derraji s’explique mal pourquoi Québec n’a pas étendu le modèle bas-laurentien plus tôt qu’à quelques mois des élections. M. Derraji montre du doigt la lenteur du cheminement du projet de loi 11 qui vise à accroître l’accès à la première ligne.

Des « odeurs de bâillon »

L’opposition craint par ailleurs un embouteillage parlementaire en raison des nombreux projets de loi du ministre Dubé. En plus du projet de loi 11, les élus entreprendront jeudi les consultations sur le projet de loi 28 visant la fin de l’urgence sanitaire. Le projet de loi 19 sur l’accès aux données n’a pas encore été appelé. À cela s’ajoutent ceux sur la révision de la Loi sur la protection de la jeunesse et sur l’aide médicale à mourir.

« Il y a déjà des odeurs de bâillon dans l’air », souligne le député Vincent Marissal alors qu’il reste moins de 10 semaines à la session parlementaire. « Adopter un projet de loi comme la protection de la jeunesse, sous bâillon, ce serait impensable. Adopter l’aide médicale à mourir sous bâillon, ce serait inimaginable », s’est inquiété le leader parlementaire des libéraux, André Fortin.