(Québec) Trois ordres encadrant la pratique de professionnels de la santé, soit le Collège des médecins, l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec et l’Ordre des pharmaciens du Québec, affirment à l’instar du ministère de la Santé qu’il faut « explorer toutes les alternatives à l’hôpital, qu’elles soient existantes ou à aménager », dans le contexte où « les capacités du réseau de la santé ont atteint un point de saturation ».

Publié le 19 janvier
Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

Cette sortie publique des ordres survient au lendemain de la présentation par Québec d’un nouveau Guide pour la priorisation et la gestion des hospitalisations en courte durée.

« La cinquième vague de la pandémie crée une situation exceptionnelle dans les hôpitaux pour les 4 à 6 prochaines semaines. Les prévisions quant au nombre de patients hospitalisés, tant dans les unités de soins qu’aux soins intensifs, confirment que les capacités du réseau de la santé ont atteint un point de saturation », constatent le Collège des médecins et les deux autres ordres professionnels.

« Les ressources habituelles pour certains soins ne sont plus disponibles. En raison de ce manque de ressources humaines et matérielles, il faut notamment prioriser les situations urgentes et vitales, remettre en question la pertinence de l’hospitalisation ou soigner hors de l’hôpital les patients qui n’ont pas besoin du plateau technique », ajoutent-ils.

Dans sa présentation, mardi, le ministère de la Santé et des Services sociaux indiquaient qu’il était primordial que les ordres encadrant les professionnels de la santé adoptent les normes « temporaires » proposées. Québec cherche activement ces jours-ci à libérer au maximum les patients qui peuvent poursuivre leurs soins à l’extérieur des hôpitaux, où la capacité d’accueil est dépassée en raison de la vague d’infections au variant Omicron de la COVID-19.

Dans son plan, Québec prévoit aussi « redéfinir la qualité minimale des soins en contexte de pandémie » pour une durée de quatre à six semaines « dans la perspective de soigner le plus de personnes à intensité plus basse plutôt que de soigner moins de personnes à qualité optimale ».

À ce sujet, le Collège des médecins, l’Ordres des infirmières et infirmiers du Québec et l’Ordre des pharmaciens affirment que les professionnels de la santé « doivent malgré tout continuer de respecter les normes de bonne pratique ».

« Dans un contexte de ressources limitées, certains choix doivent être faits pour répondre de la façon la plus efficiente possible aux problèmes de santé graves et urgents de la population. Il faut explorer toutes les alternatives à l’hôpital, qu’elles soient existantes ou à aménager », ajoutent-ils.

« Cette période de crise entraîne des enjeux exceptionnels pour les professionnels. Le Collège des médecins, l’Ordre des infirmières et infirmiers et l’Ordre des pharmaciens du Québec rappellent que leurs membres doivent respecter leurs obligations déontologiques, mais conviennent que l’interprétation des codes de déontologie devra tenir compte de la disponibilité des ressources, au moment où les soins auront été prodigués ou les services offerts », poursuivent les ordres, se disant « vigilants quant à la qualité des soins offerts au public ».