(Montréal) Le principal syndicat de fonctionnaires au Québec dénonce le peu de préavis qui a été donné à ses membres qui ont été appelés par le gouvernement Legault à travailler temporairement comme aides de service, pour alléger la tâche des travailleurs de la santé.

Publié le 17 janvier
Lia Lévesque La Presse Canadienne

Le président général du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), Christian Daigle, affirme que ses communications à cet effet avec le Conseil du trésor n’ont eu lieu que vendredi dernier. Et c’est dimanche qu’il affirme avoir appris que ses membres avaient jusqu’à lundi soir pour manifester leur intérêt.

« On nous demande une réponse pour aujourd’hui [lundi]. Alors l’improvisation, je pense qu’elle est encore présente au niveau du gouvernement. Ils auraient pu faire preuve d’un peu plus de prévoyance, pour qu’on puisse se revirer de bord, puis analyser la situation », a critiqué M. Daigle, en entrevue lundi.

Québec a lancé un appel aux fonctionnaires pour qu’ils puissent occuper temporairement un poste d’aide de service. Quelque 2100 personnes seraient requises, les besoins variant passablement d’une région à l’autre, rapporte M. Daigle.

Ces aides de service feraient du nettoyage, de la désinfection, du ménage. Ceux qui acceptent seraient libérés de leurs tâches habituelles et pourraient toucher une prime COVID-19, a précisé M. Daigle.

Le président général du SFPQ affirme n’avoir rien contre l’idée. Il ne peut dire combien de ses membres pourraient être intéressés par l’offre et combien pourraient effectivement le faire, compte tenu de leurs fonctions actuelles.

« De mon côté, bon nombre des membres que je représente sont dans les services essentiels : on pense présentement au déneigement des routes, avec des ouvriers, on parle des répartiteurs, des gens qui sont préposés aux télécommunications avec la Sûreté du Québec, tous les gens qui sont aux palais de justice aussi. Présentement, même dans les autres ministères, on est en manque d’effectifs. Je suis en sous-effectifs par rapport à ce que je devrais avoir dans bon nombre de ministères et organismes et là, on me demande d’envoyer des gens en plus dans le réseau de la santé », fait-il valoir.

Il rapporte avoir suggéré de faire d’abord appel à des travailleurs saisonniers qui ne sont présentement pas au travail, comme ceux de la SEPAQ (Société des établissements de plein air), par exemple, mais affirme ne pas avoir obtenu de réponse.

M. Daigle ajoute que lors de la première vague, plusieurs de ses membres avaient accepté de venir en renfort.

Il aurait toutefois apprécié des remerciements publics envers ses membres fonctionnaires. « Jamais on a eu cette considération-là de la part du premier ministre », a déploré le président général du SFPQ.

Le SFPQ, un grand syndicat indépendant des centrales, représente 27 000 membres dans la fonction publique québécoise et 4000 ouvriers dans les différents ministères et organismes. Il a aussi des membres à la SEPAQ et à Revenu Québec.