(Ottawa) Un député conservateur se demande pourquoi une ligne téléphonique nationale de prévention du suicide approuvée par la Chambre des communes l’année dernière n’existe toujours pas.

Mis à jour le 29 déc. 2021
La Presse Canadienne

Les députés de tous les partis ont voté en décembre 2020 pour « une action immédiate » afin de mettre en place une ligne de prévention du suicide que les personnes en crise pourraient appeler en composant le 988.

Fer de lance de ce projet, le député conservateur Todd Doherty a soutenu que les appels aux lignes téléphoniques d’écoute avaient considérablement augmenté pendant la pandémie de COVID-19.

« Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour protéger le bien-être des Canadiens et sauver des vies », a affirmé le député.

M. Doherty dit qu’il est préoccupé par le fait qu’une consultation menée par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) prenne trop de temps. Selon lui, chaque jour que la création de la ligne est retardée, une vie peut être perdue.

Le CRTC a lancé les consultations en juin « pour connaître l’avis des Canadiens sur l’opportunité d’établir un numéro national à trois chiffres pour les services de crise en santé mentale et de prévention du suicide, et sur la façon de le faire », a indiqué la porte-parole Isabella Maestri dans un communiqué.

« Les informations reçues des Canadiens et des autres parties intéressées aideront la commission à mieux comprendre les défis et les solutions, les avantages et les coûts associés à la mise en œuvre d’un numéro à trois chiffres pour les services de crise en santé mentale et de prévention du suicide. », a ajouté Mme Maestri.

La série actuelle de consultations prendra fin le 31 janvier, a-t-elle précisé, mais les participants auront jusqu’à la mi-mars pour soumettre leurs réponses.

Le CRTC affirme que sa consultation examine un certain nombre de questions, y compris s’il devrait y avoir une option par message texte, et qu’elle se terminera l’année prochaine.

Cela ne convient pas au député conservateur Mike Lake, qui a récemment soulevé des questions à la Chambre des communes sur les raisons des délais de la mise en place de la ligne d’urgence.

« On aurait pu penser qu’à cette période de l’année, elle aurait été mise en place. Cela ne devrait pas prendre autant de temps », a estimé le député albertain dans une entrevue. « Une ligne téléphonique de prévention du suicide devrait être une priorité. Il y a un million de raisons d’accélérer le processus. »

Statistique Canada indique que 11 personnes se suicident chaque jour et qu’il y a environ 4000 décès par suicide par an.

Ce taux est systématiquement plus élevé chez les autochtones, en particulier chez les jeunes. Selon Statistique Canada, de 2011 à 2016, le taux de suicide était trois fois plus élevé que dans la population non autochtone.

La ministre de la Santé mentale, Carolyn Bennett, a exprimé son soutien à l’établissement de la ligne d’assistance téléphonique 988, tout comme le Service canadien de prévention du suicide, qui exploite une ligne d’assistance téléphonique à 11 chiffres.

La Dre Allison Crawford, médecin-chef du service, a indiqué qu’un code de numérotation à trois chiffres serait beaucoup plus facile à retenir.

« Grâce à ce nouveau numéro, un plus grand nombre de personnes pourront obtenir le soutien d’intervenants qualifiés, ce qui pourrait réduire la charge des services qui fournissent d’autres types de soutien en matière de santé mentale », a-t-elle ajouté.

Selon le service de prévention, pour chaque personne qui se suicide, on estime qu’il y a 20 à 25 tentatives. En moyenne, 275 personnes font une tentative de suicide chaque jour au Canada.