(Québec) Les partis d’opposition ont tiré à boulets rouges contre le ministre de la Santé, Christian Dubé. Québec solidaire l’a invité à « regarder moins ses colonnes de chiffres » et à se préoccuper davantage du sort des employés du réseau. Le Parti québécois a accusé M. Dubé « d’être déconnecté du terrain ».

Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

Mardi, le ministre de la Santé a fait savoir aux Québécois que des ruptures de services et des activités de délestage sont en vue cet automne alors que le réseau de la santé est fragilisé par la pénurie de main-d’œuvre. Il manque au moins 4000 infirmières dans le réseau et quelque 2887 travailleurs de la santé sont absents du réseau pour des raisons liées à la COVID-19.

« Jamais, je n’aurais pensé au début de l’été qu’on aurait le problème de personnel qu’on a en ce moment », a lancé le ministre Dubé en mêlée de presse, mardi.

Une déclaration que l’opposition avait encore du mal à s’expliquer mercredi. « Hier, on a trouvé la seule personne au Québec qui est surprise du fait qu’il y a une pénurie de main-d’œuvre en santé », a lancé avec ironie le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.

« Je pense que Christian Dubé a trop regardé ses tableaux interactifs au sujet de la vaccination et n’a pas assez écouté ce que disent les femmes dans le réseau de la santé », a-t-il poursuivi.

Des propos qui faisaient écho à ceux du Parti libéral du Québec. « Le ministre Dubé, là, il n’est pas le ministre de la vaccination, il est le ministre de la Santé, il doit se préoccuper de ces enjeux-là et depuis le début de l’été, on aurait dû déjà être en train d’être actif par rapport aux conditions de travail et au projet ratio à mettre de l’avant », a tranché la cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade.

« Ça fait des mois, on a passé l’été à constater des bris de services. Quand est-ce qu’on a vu ça au Québec, des urgences qui ferment ? L’urgence en Outaouais, elle est fermée depuis des semaines », a déploré la porte-parole libérale en matière de Santé, Marie Montpetit. « Ce que je veux savoir, c’est lui comme ministre, qu’est-ce qu’il va faire comme choix ? Il va fermer quoi, quel service ? », a-t-elle ajouté.

« En tout respect pour le travail du ministre Dubé, je pense effectivement que si on l’a décrit à certains moments comme le ministre de la pandémie, ce n’est pas pour rien, c’est parce que pour ce qui est de la gestion du réseau en tant et sur ce qui se passe véritablement sur le terrain, il n’a pas démontré le leadership nécessaire, l’écoute nécessaire pour pouvoir rassurer les gens qui portent le réseau à bout de bras et qui ont multiplié les appels à des interventions de sa part depuis des mois et des mois », a déploré le député du Parti québécois, Joël Arseneau.

Les établissements de santé à travers la province, dans certaines régions, mais aussi à Montréal, auront à faire « des choix de services » dans les semaines à venir pour ne pas épuiser leur personnel soignant, a prévenu mardi le ministre de la Santé, Christian Dubé.

La Presse rapportait que le recours aux agences privées de placement a explosé pendant la pandémie. Québec solidaire, qui propose de se sevrer des agences d’ici trois ans, demande à Québec de réquisitionner par décret les travailleurs de la santé qui sont à l’emploi du privé.