Après plus de 20 ans d’attente, le nouveau Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) a enfin été livré en entier le 16 avril. La dernière phase du projet de 3,6 milliards, qui comprenait des cliniques, les bureaux de médecins, une bibliothèque ouverte au public et l’amphithéâtre, est achevée. Le CHUM peut maintenant plancher sur le lancement de son tout nouveau Centre ambulatoire intégré, qui permettra à des patients, même très malades, d’éviter d’être hospitalisés.

Ariane Lacoursière
Ariane Lacoursière La Presse

Le PDG du CHUM, le DFabrice Brunet, confirme la « réception provisoire complète » de la dernière phase du CHUM, construit en partenariat public-privé. Malgré la pandémie, cette dernière phase a été livrée avec un mois d’avance et « dans les budgets ». Cela permet de rattraper légèrement le retard de 11 mois qui avait été accumulé lors de la deuxième phase du projet. La livraison de la deuxième phase du projet en 2017, qui comprenait la majeure partie de l’hôpital, avait été retardée. Des centaines d’éléments de non-conformité avaient été relevés. Environ 70 % de ces éléments sont maintenant corrigés, évalue le DBrunet. Pour la dernière phase, les erreurs sont quasi inexistantes. Si bien que le DBrunet estime que la réception finale du projet n’est plus très loin.

Le nombre d’espaces de stationnement passe de 400 à 1900. Et plus de 400 places de stationnement pour vélo sont maintenant disponibles.

Le nouveau CHUM au centre-ville est en activité depuis 2017. Mais certains éléments n’y avaient toujours pas été déménagés, faute d’espace, dont 30 % des cliniques de consultations externes.

La dernière phase du projet, qui comprenait la destruction de l’ancien hôpital Saint-Luc, a permis la construction des derniers locaux. Le déménagement sera conclu en juin. Tous les médecins auront dorénavant leur bureau au même endroit. Tous les acteurs seront réunis sur un seul site, ce qui permettra à l’hôpital de déployer « toute la force de la synergie », dit le DBrunet.

Éviter les hospitalisations inutiles

Le CHUM pourra aussi développer une toute nouvelle approche pour ses patients ambulatoires, en créant son Centre intégré ambulatoire. L’objectif de ce centre est de prendre en charge le plus de patients possible sans les hospitaliser. Les patients n’auront qu’à se présenter au Centre intégré ambulatoire et pourront obtenir une batterie de tests en peu de temps. Le DBrunet cite l’exemple d’un patient en attente d’une greffe de foie. De tels patients sont actuellement hospitalisés et passent des tests pendant deux à six semaines.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Le DFabrice Brunet présente le Centre intégré ambulatoire du CHUM, qui pourra prendre en charge des patients venus passer des tests sans les hospitaliser.

Avec le Centre intégré ambulatoire, les patients pourront se présenter quelques jours pour subir tous leurs tests et retourner dormir à la maison le soir. Un projet est en cours pour concevoir un hôtel sur place pour dépanner les patients qui vivent plus loin, explique le DBrunet.

Le centre permettra aussi de prendre en charge les maladies plus complexes, comme la maladie de Lyme ou la COVID longue. « Il y aura sur place des soignants, des chercheurs, des enseignants […] Pour ces patients avec des maladies complexes, ça va diminuer leur errance médicale », dit le DBrunet.

La plus belle réussite

En 1996, l’hôpital Notre-Dame, l’Hôtel-Dieu et l’hôpital Saint-Luc ont fusionné pour former le CHUM. Cinq ans plus tard, l’idée de construire un nouvel hôpital a vu le jour. Après de longs débats sur l’emplacement du nouveau CHUM, le projet de construction d’un nouvel hôpital universitaire a été lancé en 2010. Le mode de construction en partenariat public-privé a été choisi.

Après le centre de recherche ouvert en 2013, l’hôpital a été livré en 2017, et maintenant, la dernière phase.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Le DFabrice Brunet saluant des employés du CHUM

Pour le DBrunet, la plus belle réussite du nouveau CHUM aura été de créer rapidement une culture unique au sein des équipes de soins. Les médecins ne travaillent plus « à l’Hôtel-Dieu » ou à « Saint-Luc ». Ils travaillent au CHUM, résume le DBrunet.

On est probablement l’hôpital dans le monde qui a le mieux réussi la fusion de trois hôpitaux avec des cultures vraiment fortes le plus rapidement.

Le DFabrice Brunet, PDG du CHUM, selon qui la pandémie aura peut-être permis d’accélérer cette union

Le DBrunet souligne qu’au cours de la dernière année, différents ajustements ont été réalisés au CHUM à cause de la pandémie. Selon lui, ces petites modifications n’ont pas coûté si cher.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Vue du CHUM au centre-ville de Montréal

Avec le mode de construction en PPP, ce qui coûtera cher, ce seront les grosses modifications qui viendront plus tard pour accueillir de nouvelles technologies. « Ça, ça va coûter cher, et c’est un peu le problème des PPP. Ce n’est pas tellement dans la construction initiale ou dans les premières années, c’est quand on va s’étendre dans le temps. Parce que là, ils sont en situation de monopole, et on va être obligés de payer un prix plus fort. C’est pour ça que dans les PPP, quand ils sont sur des durées si longues, on est toujours inquiets pour les innovations. Mais là, en ce moment, non. »

Le contrat de PPP du CHUM s’élève à 11 millions de dollars par mois jusqu’en 2050.

En chiffres

3,6 milliards : facture totale de la construction du nouveau CHUM au centre-ville

772 : nombre de chambres au CHUM

39 : nombre de salles d’opération dans les nouvelles installations

14 000 : nombre de personnes qui travaillent au CHUM, dont 4000 infirmières, infirmières auxiliaires, préposés aux bénéficiaires et inhalothérapeutes, ainsi que 1080 médecins