(Québec) Surprise à Québec : le gouvernement Legault veut renouveler au plus vite les conventions collectives de son plus gros groupe d’employés, les 200 000 travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux, ceux-là mêmes qui sont au front contre la pandémie. Son offre, échelonnée sur trois ans : des hausses salariales liées à l’inflation et une reconduction des primes pour un an.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Le premier ministre, François Legault, a rencontré dimanche les centrales syndicales pour convenir de suspendre les négociations dans le secteur public, selon le récit officiel des évènements. Les leaders syndicaux confirmaient cette suspension le jour même tout en précisant que « les canaux de communication » demeuraient « bien ouverts ».

Dans les faits, François Legault avait réservé toute une surprise à la table. Il a signifié son intention de régler rapidement les conventions collectives dans le réseau de la santé et des services sociaux.

Il propose que les contrats de travail, qui seront échus le 31 mars, soient renouvelés pour trois ans. Les hausses salariales seraient liées à l’inflation : ce serait 2,2 % les deux premières années et 2 % la troisième, si l’on se fie à l’évolution de l’indice des prix à la consommation présentée dans le budget Girard. Ces indicateurs économiques peuvent évidemment être chamboulés avec la crise actuelle. Enfin, les primes prévues aux conventions actuelles seraient reconduites pour la durée d’un an.

Une offre différente

Cette offre destinée au secteur de la santé est différente de la proposition faite en décembre par le gouvernement à l’ensemble du secteur public, c’est-à-dire 7 % en cinq ans, ce qui est inférieur à l’inflation. Rappelons que le premier ministre disait deux mois plus tôt qu’il voulait augmenter les salaires des employés de l’État au niveau de l’inflation.

Dimanche, François Legault a clairement fait savoir aux centrales syndicales qu’elles devaient lui revenir rapidement et qu’il voulait tirer un trait sur ce dossier dans les plus brefs délais. La négociatrice en chef du gouvernement, Édith Lapointe, fait le suivi auprès des syndicats depuis lundi.

Les échanges survenus jusqu’ici permettent de conclure que le gouvernement montre de l’ouverture à discuter de demandes syndicales en matière de conditions de travail.

Chez les syndicats, on est conscients que leurs demandes ne peuvent résister aux bouleversements économiques actuels. Par exemple, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec et l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux demandaient 21,6 % en trois ans ; la CSN, une hausse de 3 $ l’heure la première année et une augmentation de 3 % les années subséquentes.

C’était au moment, encore tout récent, où les coffres étaient bien garnis et que les surplus s’accumulaient. Les vallées verdoyantes, pour reprendre une expression du regretté Bernard Landry, sont toutefois en train de se transformer en terres arides.