Des employés de l’hôpital en santé mentale Albert-Prévost manifestent depuis ce midi pour dénoncer la lenteur des mesures prises à la suite d'une vague d’actes de violence visant les travailleurs survenus au cours des derniers mois.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Un cinquantaine de personnes prenaient part à la manifestation, qui a débuté lundi en avant-midi. « Pas payé pour se faire frapper » et « Non à la violence », pouvait-on lire sur plusieurs pancartes aux slogans évocateurs de la réalité des intervenants psychiatriques.

« Nous déplorons que depuis quatre mois, très peu de mesures correctives concrètes ont été mises en place par l’employeur », affirme Louis-Martin Reid, représentant syndical CSN et agent d’intervention en milieu psychiatrique. « Si le personnel n’est pas en sécurité, personne n’est en sécurité. »

Un comité pour résorber la situation a bel et bien été mis en place, mais il faut des mesures rapides, selon M.  Reid. Des accès sécurisés avec plus de surveillance, des détecteurs de métal aux points névralgiques et des formations concernant les patients judiciarisés non-criminellement responsables sont nécessaires.

Un climat de panique

Le 29 octobre dernier, en début d’après-midi, un patient de l’hôpital en santé mentale aurait attaqué avec des ciseaux le psychiatre Mario Roy à l’Hôpital Albert-Prévost, situé au nord de Montréal. La scène a été décrite comme « sanglante et traumatisante » par les témoins.

Depuis, trois gardiens de sécurité sont en poste de jour et de soir, alors que deux demeurent en service durant l’heure du midi.

Deux semaines plus tard, une autre altercation avait lieu, provoquant un arrêt de travail de trois mois d’un membre du personnel.

Un troisième évènement date du 6 février dernier et a blessé cinq employés, tous des gardiens de sécurité et des agents d’intervention en milieu psychiatrique, confirme M. Reid.

Ces trois incidents ont engendré un climat de panique au sein du personnel, qui n’ose plus intervenir de la même façon par peur de l’agressivité de certains patients, qui pourraient disposer d’armes blanches. « Il n’y a pas suffisamment de surveillance. Je compare ça à une grange. Trois agressions en trois mois, le besoin est flagrant », pense David Barrette, agent d’intervention en milieu psychiatrique et représentant syndical.

Le syndicat des travailleuses et travailleurs du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, en collaboration avec les syndicats de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) et de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) du CIUSSS, demandent donc à l’employeur et au gouvernement de prendre des moyens rapides pour assurer la sécurité du personnel.