Myriam Larouche est arrivée vendredi soir à Montréal après avoir passé 14 jours en quarantaine à la suite de son rapatriement de Chine.

Janie Gosselin Janie Gosselin
La Presse

« Enfin ! C’est une libération », a dit la Saguenéenne Myriam Larouche après la fin de sa quarantaine.

La Québécoise a quitté la base de Trenton, en Ontario, vendredi matin. Elle y a passé 14 jours après son rapatriement de Wuhan, en Chine, à la suite de l’éclosion du coronavirus COVID-19. Quatorze jours pendant lesquels on a pris sa température matin et soir. Quatorze jours à devoir se tenir à distance des autres personnes rapatriées. Quatorze jours à attendre.

La femme de 25 ans ne s’en plaint pas : elle n’a pas contracté le virus, qui a fait des milliers de morts. N’empêche, elle était contente d’en être sortie. 

C’est une étape importante, mais je sais que ce n’était pas pour rien.

Myriam Larouche

La Presse l’a rencontrée au centre-ville de Montréal, à sa descente de l’autocar qui la ramenait de Toronto. Elle avait quitté Trenton le matin pour la métropole ontarienne.

Retrouver sa famille

Elle avait hâte de rejoindre sa famille et ses amis au Saguenay, samedi. Une longue route la séparait toujours de ses proches, puisqu’elle devait d’abord se rendre à Québec avant d’être de retour à la maison. « J’ai hâte de les serrer dans mes bras », a dit la jeune femme, tout sourire.

D’abord en quarantaine dans sa résidence étudiante de Wuhan pendant une semaine avant d’être rapatriée, l’étudiante en gestion du tourisme avait hâte de mettre un terme à son isolement. Et se réjouissait d’être enfin débarrassée de son masque, qu’elle devait porter en tout temps à l’extérieur de sa chambre à Trenton.

Myriam Larouche se trouvait en Chine depuis cinq mois lorsque l’éclosion du virus a transformé Wuhan en ville fantôme. Il lui reste encore un an et demi d’études dans ce pays. Elle y a aussi laissé la majorité de ses effets, n’ayant droit qu’à un bagage de cabine sur le vol du rapatriement.

Questionnée sur ses craintes quant à un éventuel retour en Chine, elle a reconnu avoir des appréhensions « pour l’instant ». 

Il va toujours y avoir une peur, je ne pense pas que le virus va être éradiqué. Mais j’ai confiance. J’espère que ça va aller mieux.

Myriam Larouche

Elle est restée en contact avec ses amis de la Central China Normal University. Aucun n’a été hospitalisé ou n’a reçu un test positif au virus.

Une nouvelle force

Celle qui a décidé d’étudier en Chine pour ouvrir ses horizons, après avoir fait un échange étudiant en Europe l’an dernier, a l’impression que son expérience lui a donné une nouvelle force. « C’est comme si, la prochaine étape, je sais que je suis capable de passer à travers », a-t-elle philosophé.

Après avoir raconté son histoire dans différents médias, la jeune étudiante s’est retrouvée « inondée » de messages d’encouragement sur les réseaux sociaux d’un bout à l’autre du Canada. « J’ai même reçu une carte d’une professeure retraitée de Toronto [jeudi], a-t-elle raconté. Elle m’a écrit qu’elle m’avait vue à la télé et que j’étais un bel exemple de positivisme, et elle m’a souhaité bonne chance dans mes études. »

Si Myriam Larouche a salué la gestion et l’organisation à la base de Trenton, la jeune femme a jugé « longue » l’attente avant le rapatriement par les autorités canadiennes de ses citoyens, qui a duré près d’une semaine. « J’imagine qu’ils avaient leurs raisons », s’empresse-t-elle d’ajouter, même si l’inquiétude et le confinement des premiers jours étaient difficiles.

En attendant son retour en Chine, Myriam Larouche sera hébergée chez des amis. Elle compte occuper ce séjour imprévu au Québec en continuant ses cours en ligne. « Et je vais faire des recherches de thèse. Petit à petit », ajoute-t-elle.