Le quotidien de Myriam Larouche a pris une tournure inattendue depuis l’éclosion du nouveau coronavirus à Wuhan, dans la province chinoise de Hubei. Originaire du Saguenay, elle fait partie des Canadiens rapatriés de Chine et mis en quarantaine depuis maintenant une semaine.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

D’abord confinée à sa résidence universitaire en Chine, Mme Larouche se trouve présentement dans un hôtel de la base militaire de Trenton, en Ontario. Jointe par La Presse vendredi matin, elle y entamait son septième jour de quarantaine.

À quoi ressemble une journée typique de quarantaine causé par une épidémie qui met la planète entière sur le pied d’alerte ? À n’importe quelle autre journée… à quelques détails près, confie la jeune femme. On vient prendre sa température matin et soir. Elle doit en tout temps se tenir à deux mètres de distance des autres rapatriés, qui sont également soumis à la même procédure. Chaque matin, des individus vêtus de combinaisons hazmat cognent à sa porte, pour nettoyer et désinfecter sa chambre. Il lui est interdit de les photographier, précise-t-elle. Des consignes d’hygiène sont placardées un peu partout sur le réfrigérateur et les armoires, dans la petite cuisine ouverte aux occupants de l’hôtel.

PHOTO FOURNIE PAR MYRIAM LAROUCHE

Des consignes d’hygiène sont placardées un peu partout sur le réfrigérateur et les armoires, dans la petite cuisine ouverte aux occupants de l’hôtel.

C’est avec sourire et bonne humeur que Myriam Larouche fait face à cette situation inusitée. Sa première semaine de quarantaine a été consacré au repos. Son long périple vers le Canada a été ponctué de procédures gouvernementales et de suivis médicaux. « Il fallait aussi me remettre du décalage horaire », ajoute-t-elle depuis sa coquette chambre d’hôtel.

Elle affirme cependant ne pas avoir de quoi se plaindre. Elle n’est plus dans l’incertitude, coincée entre quatre murs et passe beaucoup de temps à l’extérieur ainsi que dans les espaces communs de l’hôtel. « Le personnel de la Croix Rouge est extrêmement courtois et chaleureux. Nous sommes nourris et soignés. Il n’y a pas ce climat de méfiance ou de peur, car personne ne présente de symptômes de la maladie. »

Jusqu’ici, Myriam Larouche n’a rencontré aucun autre Québécois parmi les rapatriés. Elle a toutefois trouvé de quoi s’occuper depuis son retour au pays : « Je regarde enfin la plus récente saison d’Occupation double. Je n’y avais pas accès en Chine. Je dois dire que cette saison, ça brasse », dit-elle avec un enthousiasme contagieux.

Entre deux épisodes de cette populaire émission de téléréalité québécoise, elle trouve le temps d’étudier. Pour les prochains mois, les cours qu’elle suivait à l’université de Wuhan seront disponibles en ligne. Et bien qu’elle soit soulagée de ne plus courir le risque d’être contaminée, Myriam Larouche espère voir la situation se résorber pour poursuivre ses études en Chine. « J’ai laissé la majeure partie de mes effets personnels en Chine. Nous n’avions droit qu’à un seul bagage à main dans l’avion pour Trenton. »