Myriam Larouche fait partie des 200 Canadiens qui sont actuellement en quarantaine dans un hôtel de la base militaire de Trenton, en Ontario. La Saguenéenne, qui étudiait en tourisme à Wuhan lorsque la crise du coronavirus a débuté, s’est confiée à La Presse.

Raphael Pirro Raphael Pirro
La Presse

L’incertitude a fait place au soulagement, vendredi, lorsque Myriam Larouche a posé les pieds sur la base militaire de Trenton. 

« La peur est finie maintenant. Je suis enfin sortie de la Chine », a lancé la jeune femme de sa chambre d’hôtel, samedi soir, où elle doit séjourner pour les 14 prochains jours.

Le premier avion nolisé par le gouvernement canadien est arrivé à Vancouver jeudi soir, après 14 heures de vol. Il s’est finalement posé vendredi matin en Ontario. Dans les airs, on a pris la température de Mme Larouche « au moins deux fois ».

Au sol, explique Myriam Larouche, la Croix-Rouge a distribué des vêtements d’hiver aux rapatriés qui en avaient besoin : des manteaux, des tuques, des gants. 

« L’ambiance est très positive. Le personnel est très chaleureux et accueillant. On a eu un accueil typiquement canadien. Ils ont répondu à toutes nos questions. »

Les Canadiens placés en quarantaine sont nourris, les repas sont servis directement aux chambres. Celles-ci sont occupées par une seule personne, sauf dans le cas de familles qui désirent ne pas être séparées.

« On a le droit d’entrer en contact avec les autres sans problème. J’ai connu des gens très gentils, principalement pendant l’attente à l’aéroport avant de prendre le vol. Les gens se parlent, ils sont contents. On a tous en commun le bonheur de rentrer à la maison. Sur le plan des relations humaines, ça va très bien. » 

PHOTO FOURNIE PAR MYRIAM LAROUCHE

La chambre d’hôtel de Myriam Larouche

Pour passer le temps, elle peut sortir de sa chambre, se promener dans les couloirs, même sortir dehors, se dégourdir les jambes aux alentours de l’hôtel, le tout de préférence avec un masque.

Tous les jours, elle devra se soumettre à des prises de température. Sinon, le temps passé à Trenton ne l’engage à aucune obligation.

« Tout est moins grave »

Rester coincée dans une chambre d’hôtel tout ce temps ne déplaît pas à Myriam Larouche. Au contraire, elle considère ce séjour comme un luxe en comparaison avec les longues journées qu’elle passait entre les quatre murs de sa résidence universitaire en Chine, dans le flou d’une crise qui a pris de l’ampleur à une vitesse fulgurante.

Elle ne trouve pas encore le temps long. 

Je me sens bien plus contente. J’ai l’impression que tout est moins grave. En Chine, la différence, c’est qu’on ne savait pas quand tout ça allait finir. J’avais beaucoup de questions qui restaient sans réponse.

 Myriam Larouche

Pour l’instant, le plus difficile pour elle et pour les autres qu’elle côtoie à l’hôtel de la base de Trenton, c’est le manque de sommeil. « Disons que le décalage horaire, ça fesse. »

La jeune étudiante prévoit utiliser le temps qui lui est offert pour arrêter son sujet de maîtrise. Son université propose actuellement aux étudiants de poursuivre le semestre en suivant des cours en ligne, en attendant que les choses rentrent dans l’ordre.

Mais les deux semaines devant elle lui serviront surtout à reprendre du poil de la bête. « Ça va aller de mieux en mieux, le temps de m’habituer au décalage horaire. La période de quarantaine va permettre aux gens de se reposer. »

Elle reste en contact avec sa famille, qui la « bombarde » de messages, ainsi que ses amis.

Si aucune trace de coronavirus n’est détectée chez les Canadiens rapatriés, la quarantaine devrait prendre fin dans 14 jours, la période d’incubation du coronavirus. Ce n’est que passé cette période qu’ils pourront rentrer à la maison en toute quiétude.

Environ un tiers des Canadiens restent à rapatrier de Wuhan. Un deuxième vol affrété par le Canada doit partir de Wuhan lundi pour arriver à Trenton le lendemain.