Disant être « en mission pour les proches aidants », la ministre Marguerite Blais annoncera vendredi que Québec investit 10 millions de dollars afin de mieux soutenir les 1,7 million de proches aidants de la province.

Ariane Lacoursière Ariane Lacoursière
La Presse

Cet argent sera versé aux centres intégrés (CISSS et CIUSSS) de chaque région, qui pourront financer des projets en fonction de leurs réalités propres. Les sommes devront être attribuées à des « services de proximité » qui offriront entre autres de la formation, du soutien psychosocial et du répit aux proches aidants.

Quand on lui souligne que 10 millions de dollars pour 1,7 million de proches aidants, c’est bien peu, la ministre Blais explique que cet investissement de 10 millions est tiré d’une enveloppe récurrente de 21 millions de dollars, entièrement destinée aux proches aidants, et annoncée par son gouvernement lors du dernier budget. « Du jamais vu pour un gouvernement en une année », dit-elle.

Reste que dans certaines régions, les investissements semblent minimes. Le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal ne recevra par exemple que 316 000 $ et le CISSS de l’Outaouais, que 422 700 $.

Au cabinet de la ministre, on réplique que c’est la première fois que des montants sont affectés exclusivement aux services aux proches aidants. Les établissements devaient auparavant puiser dans d’autres enveloppes pour financer ces services. On mentionne aussi qu’il serait « infidèle à la réalité » de diviser l’argent investi par personne et de déduire que les proches aidants ne recevront que moins de 6 $ chacun, car « ce n’est pas tous les proches aidants qui ont les mêmes besoins ».

PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE

Pour la ministre Marguerite Blais, le fait d’avoir épaulé son mari dans la maladie et jusqu’à sa mort en 2015 a motivé son retour en politique et son intention d’aider les proches aidants.

« Les 10 millions vont pouvoir faire en sorte d’augmenter l’offre de services qui existe déjà. Parce que dans les régions, on connaît les organismes qui sont en mesure de donner les services. Que ce soit des services de répit ou d’accompagnement », explique la ministre Blais.

Celle-ci souligne que l’objectif des établissements de santé sera de « s’adapter aux besoins des proches aidants ». « Certains voudront de l’aide à la maison. D’autres, des lits de répit… », illustre la ministre.

Tous les proches aidants de la province, qu’ils aident des personnes âgées ou des personnes ayant un trouble de santé mentale, une déficience physique, une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme (TSA), sont visés par cette annonce.

Reddition de comptes

La ministre Blais demandera une reddition de comptes aux établissements de santé qui se partageront les 10 millions de dollars. « Je demande à chaque établissement de me faire une reddition à savoir où l’argent est allé et quelles sont les personnes qui en ont bénéficié. Est-ce que c’est les personnes qui présentent un TSA, une déficience physique, une déficience intellectuelle… Parce qu’à la fin, on veut être capables de mesurer quels sont réellement les besoins les plus criants pour être en mesure d’agir », dit la ministre.

Pour la ministre Blais, le fait d’avoir épaulé son mari dans la maladie et jusqu’à sa mort en 2015 a totalement motivé son retour en politique et son intention d’aider les proches aidants. « Si je n’avais pas été proche aidante. Si je n’avais pas vécu ce que j’ai vécu. Si je n’avais pas été en détresse psychologique. Si je n’avais pas été en hyper vigilance… Je ne serais jamais revenue et je n’aurais jamais pris ce dossier autant à cœur que je le prends maintenant », dit-elle.

La ministre rappelle que la Politique nationale sur les proches aidants de son gouvernement est attendue ce printemps. Mme Blais laisse déjà entendre que plus de soutien médical sera prévu pour les proches aidants. « Ils ont besoin d’être soutenus mentalement et médicalement », dit-elle.