(Montréal) Une immunothérapie combinant deux anticorps anti-VIH semble en mesure de réduire la charge virale avec une efficacité similaire au traitement antirétroviral (ARV), affirme une équipe internationale de chercheurs.

La Presse canadienne

Dans une étude publiée dans Nature Medicine, les chercheurs du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal, de la Rockefeller University et de l’Université de Cologne décrivent comment l’injection de ces puissants anticorps anti-VIH, ou anticorps neutralisants, est associée à un renforcement de la réponse des lymphocytes T qui reconnaissent spécifiquement le virus.

Les lymphocytes T sont d’importantes cellules du sang qui contribuent au contrôle des infections chroniques telles que le VIH. Cette étude montre une interaction inattendue et une influence potentielle entre deux pans du système immunitaire humain : l’immunité humorale (anticorps) et l’immunité à médiation cellulaire (lymphocytes T).

Deux jours avant l’arrêt du traitement antirétroviral, neuf personnes, vivant avec le VIH et hôtes de virus sensibles aux anticorps, ont reçu une première injection d’une combinaison de deux anticorps. Recrutée par une équipe de recherche internationale, cette cohorte de patients a reçu de nouvelles injections d’anticorps après trois et six semaines de suivi. Des tests sanguins ont été effectués chaque semaine pour vérifier une éventuelle réapparition du virus.

Les chercheurs ont observé qu’en l’absence de traitement ARV, le niveau d’activité des lymphocytes T CD4 et CD8, répondant spécifiquement au VIH, avait augmenté au cours de la période de traitement avec les anticorps.

À l’avenir, ajoute le communiqué, ce type de thérapie par anticorps sera étudié dans des études cliniques de plus grande ampleur afin de prévenir ou traiter le VIH, car les anticorps sont très bien tolérés par les humains et peuvent efficacement bloquer le virus pendant de nombreuses semaines.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, approximativement 37,9 millions de personnes vivaient avec le VIH à la fin de 2018.