(Ottawa) Le président de la Conférence des évêques catholiques du Canada a écrit au premier ministre Justin Trudeau pour exprimer « sa très grave préoccupation » au sujet des modifications proposées à la loi sur l’aide médicale à mourir.

La Presse canadienne

L’archevêque Richard Gagnon a déclaré vendredi dans une lettre que la tentative du gouvernement d’élargir l’aide à mourir pour y inclure des directives anticipées, ainsi que de l’étendre aux situations où la mort n’est pas raisonnablement prévisible, est profondément troublante.

Le gouvernement Trudeau s’efforce de se conformer à une décision de la Cour supérieure du Québec qui a conclu qu’il était inconstitutionnel de permettre uniquement aux Canadiens qui sont déjà sur le point de mourir de demander de l’aide médicale pour mettre fin à leurs jours.

M. Gagnon dit que son organisation est déçue et inquiète que le gouvernement fédéral ait refusé de faire appel de la décision et il s’oppose à un questionnaire récemment mis en ligne par le ministère de la Justice.

Le questionnaire en ligne demandait aux gens d’envisager des mesures de protection pour prévenir les abus si l’exigence de fin de vie était supprimée de la loi, mais M. Gagnon dit qu’il n’est pas approprié d’utiliser un sondage pour se pencher sur de « graves questions morales ».

Le gouvernement n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande pour commenter la sortie de l’archevêque, mais le ministre de la Justice, David Lametti, a déjà déclaré qu’il aimerait avoir un projet de loi à la Chambre des communes le plus tôt possible.

M. Lametti n’a pas exclu de demander un report de l’échéance du 11 mars imposée par la cour, mais il a dit qu’il aimerait d’abord évaluer le niveau de consensus à la Chambre.

L’enquête n’a pas prêté attention aux craintes et aux préoccupations des personnes âgées et des personnes handicapées, a soutenu M. Gagnon, archevêque de Winnipeg.

L’expérience a montré que les patients sont plus susceptibles de demander de l’aide médicale pour mourir lorsque leur douleur n’est pas bien gérée ou lorsqu’ils sont seuls ou marginalisés socialement, a fait valoir M. Gagnon.

Selon lui, les soins palliatifs n’ont pas encore été pleinement réalisés et rendus accessibles au Canada, même s’ils visent à atténuer la douleur, la solitude, la peur et le désespoir qui peuvent mener à « l’échec tragique » du suicide assisté.

M. Gagnon exhorte le gouvernement à entendre les parents d’enfants atteints de maladie mentale, les fournisseurs de soins de santé qui ne souhaitent pas administrer l’aide à mourir et les patients âgés ou handicapés qui ont été maltraités par des soignants.