(Ottawa, Montréal) Le gouvernement canadien a réservé un avion pour rapatrier au pays les Canadiens qui se trouvent dans la région de Wuhan, l’épicentre du coronavirus en Chine, et qui souhaitent rentrer au pays.

Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

Louise Leduc Louise Leduc
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Si Ottawa n’a pas tranché pour ce qui est d’une éventuelle quarantaine, Dre Anne Gatignol, professeure en microbiologie à l’Université McGill est catégorique : elle s’impose absolument et il faut l’organiser au plus vite.

Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a indiqué que l’opération de rapatriement pourrait commencer dès qu’il aura été possible d’obtenir le feu vert des autorités chinoises d’atterrir dans cette région et dès qu’on aura établi la liste complète des Canadiens qui veulent revenir au Canada.

En point de presse, mercredi, M. Champagne a indiqué qu’au moins 160 Canadiens ont demandé une aide consulaire, soit une légère hausse par rapport aux 126 Canadiens il y a 24 heures.

« On a sécurisé un appareil pour rapatrier les Canadiens et les Canadiennes qui voudraient revenir […] Ce n’est pas un vol militaire, mais une compagnie privée qui se spécialise dans ce genre de transport. […] Nous travaillons avec les autorités chinoises pour obtenir les autorisations au niveau diplomatique, mais aussi toute la logistique que l’on doit organiser », a dit le chef de la diplomatie canadienne.

Le ministre des Affaires étrangères a ajouté avoir discuté du rapatriement des Québécois avec le gouvernement Legault. Il a aussi précisé qu’Affaires mondiales Canada demande maintenant aux voyageurs canadiens d’éviter tout déplacement non essentiel en Chine.

Pour sa part, la ministre de la Santé, Patty Hadju, a dit qu’il est trop tôt pour savoir si des Canadiens rentrant de la Chine devront être mis en quarantaine à leur arrivée au pays. On n’écarte pas la possibilité que les ressortissants canadiens passent quelques jours sur une base militaire par exemple en guise de précaution.

La microbiologiste Anne Gatignol, elle, croit au contraire qu’il faut tout de suite envisager une quarantaine et l’organiser au plus vite, « ce qui inclut que personne n’ait à avoir besoin d’aller à l’épicerie », dit-elle.

« Je ne suis pas ministre, ce n’est pas à moi de décider, mais il m’apparaît évident que les gens doivent être mis en quarantaine, poursuit-elle.   Le coronavirus est moins mortel que le SRAS, mais il semble très contagieux, à peu près aussi contagieux que la grippe. »

Les gens qui rentreront au pays auront tôt fait de rencontrer des dizaines et des dizaines de personnes, particulièrement si, au surplus, ils prennent le transport en commun, ce qui doit absolument être évité, rappelle la Dre Gatignol.