(Québec) Une personne malade n’aura plus à être en fin de vie pour avoir accès à l’aide médicale à mourir, a annoncé le gouvernement Legault mardi. Il largue le critère de fin de vie inscrit dans sa loi.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
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« C’est un élargissement important de l’aide médicale à mourir », a affirmé la ministre de la Santé et des services sociaux, Danielle McCann. Selon elle, « le Québec est prêt pour ce changement ».

Les autres critères demeurent, à savoir que la personne doit être majeure, atteinte d’une maladie grave et incurable, avoir de grandes souffrances physiques ou psychologiques et un déclin des capacités avancé et irréversible. « On est convaincu que les critères qui demeurent sont suffisants pour encadrer » cette pratique, a soutenu la ministre de la Justice, Sonia LeBel.

La loi ne sera pas modifiée ; le critère de fin de vie sera plutôt rendu inopérant.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Nicole Gladu, l'avocat Jean-Pierre Ménard et Jean Truchon. La Cour supérieure avait donné raison à M. Truchon et Mme Gladu dans leur combat pour avoir accès à l’aide médicale à mourir.

Cette décision survient quatre mois après que la Cour supérieure du Québec eut jugé « inconstitutionnel » ce critère de la loi québécoise, tout comme celui de la loi fédérale qui prévoit que l’aide médicale à mourir ne peut être administrée qu’en cas de « mort raisonnablement prévisible ». Dans son jugement, le tribunal a ordonné à Québec et Ottawa de réviser leur loi respective dans un délai de six mois. « Les personnes qui souffrent énormément comme M. Truchon et Mme Gladu », les deux personnes qui s’étaient tournées vers les tribunaux, « pourront avoir accès à l’aide médicale à mourir », a illustré Mme McCann.

Ottawa tient des consultations en vue de répondre au jugement de la Cour supérieure.