Quatre intervenants spécialisés de l’Institut Philippe-Pinel ont été blessés par un patient présentant des antécédents de violence lors d’une intervention la semaine dernière. La présidente du syndicat a dénoncé mardi le danger excessif du travail à l’Institut et les carences au niveau des équipements pour les intervenants spécialisés.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

L'attaque est survenue il y a une semaine, alors que les employés tentaient de maîtriser le patient, qui avait arrêté sa médication. Leurs blessures sont considérables: l’un d’entre eux a écopé d'une commotion cérébrale, une dent cassée et une blessure musculaire à une main. Dans un autre cas, on rapporte une entorse cervicale. Un troisième cas fait état d’une possible fracture du coude et le quatrième employé a subi une déchirure musculaire importante à une jambe.

« Il n’y aura jamais de risque zéro a l’Institut […], mais on pourrait mieux encadrer notre personnel spécialisé », a dit la présidente du syndicat des employés de l'Institut, Marie-Ève Desormeaux, à La Presse mardi soir. Des conditions de travail difficiles et un salaire qui ne répond pas aux attentes font en sorte que les employés spécialisés quittent leur domaine pour aller travailler en pénitencier. « On perd une expertise », insiste Mme Desormeaux.

Des équipements de protection individuels et adaptés au personnel sont nécessaires pour qu’une partie du personnel pratique son métier avec quiétude.

« On les reçoit un peu au compte-gouttes. Ça fait des années qu’on fait la demande à l’employeur. » Mme Desormeaux est toutefois optimiste. « En ce moment, on sent une ouverture [de l’employeur], donc on va essayer d’obtenir ces gains. »

L’établissement spécialisé en soins psychiatriques élabore actuellement de nouvelles procédures pour ces patients plus à risques.

Au terme de rencontres avec la direction dans les jours suivant l’évènement, il a été confirmé que la question des équipements d’intervention à la disposition des employés allait être examinée dans les plus brefs délais. Un groupe de travail du centre de prévention des urgences se penchera sur des solutions.

Environnements de travail risqué

Des évènements semblables se sont déjà produits dans des établissements de soins en santé mentale.

En juillet 2018, une tentative d'attaque planifiée contre les membres du personnel avait blessé quatre agents d'intervention, qui s'étaient retrouvés face à huit patients.

En novembre 2019, un psychiatre de l'Institut universitaire en santé mentale Douglas avait été attaqué dans son bureau par un ex-patient. Un violent coup de chaise avait fait perdre connaissance au médecin.

« Les intervenants spécialisés font un métier exceptionnel, mais très particulier. À Pinel, quand on commence une journée de travail, on ne sait jamais quand et comment elle va finir », explique Mme Desormeaux.