(Montréal) L’APTS, qui représente 60 000 travailleurs dans les centres jeunesse, les hôpitaux et autres établissements de santé, vient d’enclencher le processus en vue de consulter ses membres sur un mandat de grève.

Lia Lévesque
La Presse Canadienne

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) a en effet réussi à faire approuver par le Tribunal administratif du travail sa « liste modèle » des services essentiels à maintenir en cas de débrayage. Les listes de services pour les autres établissements s’inspirent de cette liste modèle.

Pour l’APTS, il s’agissait de la première étape à franchir avant de procéder, au début de l’année, à la consultation de ses membres sur un mandat de grève.

« La grève, c’est un moyen ultime. La grève si nécessaire, oui, et on est en train de franchir les étapes pour y arriver, mais pas nécessairement la grève », a résumé en entrevue avec La Presse Canadienne, mardi, la présidente de l’APTS, Andrée Poirier.

Elle n’a pu préciser encore quelle forme de débrayage elle soumettra à ses membres lors de sa consultation, à savoir des journées séparées ou consécutives. Il est encore trop tôt pour le dire.

Chose certaine, les services essentiels seraient maintenus, le cas échéant. En vertu des listes soumises, le pourcentage varierait de 50 % à 90 %, selon le type d’établissement. Les centres jeunesse et les centres de réadaptation, par exemple, sont parmi ceux pour lesquels la proportion de services essentiels serait la plus élevée, a pris soin de préciser Mme Poirier.

« Rien qui bouge »

En fait, la dirigeante syndicale espère ne pas avoir à en venir là et que les négociations soient plus fructueuses. Mais, selon ses dires, « il n’y a rien qui bouge » dans les négociations avec Québec. « On a l’impression de faire rire de nous autres. »

Comme d’autres travailleurs dans la santé et les services sociaux, la question de la charge de travail est au cœur des revendications. Les intervenantes dans les centres jeunesse, par exemple, se disent débordées par les dossiers et les listes d’attente. Dans les laboratoires des établissements de santé, aussi, les travailleurs sont particulièrement sollicités par la COVID-19.

L’APTS revendique également des primes pour attirer du personnel dans le réseau et retenir les travailleurs d’expérience.

Le gouvernement du Québec s’est déjà dit conscient du fait que les travailleurs de la santé et des services sociaux étaient particulièrement sollicités à cause de la pandémie.

Il s’est aussi dit sensible à la surcharge de travail des intervenants dans les centres jeunesse. Il a déjà réinvesti des sommes destinées à l’embauche de personnel, dans le but d’alléger la charge de travail.