Près d’une semaine après la tragédie de Québec où un homme a assassiné deux personnes dans les rues de Québec, une coroner fait la lumière sur le meurtre de Claire Hébert, tuée en janvier 2018 par son fils.

Ariane Lacoursière Ariane Lacoursière
La Presse

Mme Hébert, 58 ans, avait été trouvée dans sa chambre de sa maison de Gatineau, inanimée. Son corps présentait des marques de violence, dont des blessures à la tête.

Mme Hébert habitait avec son fils de 38 ans, Denis Junior Dompierre. La veille du drame, les policiers étaient intervenus dans le logement de la famille pour un conflit. La relation entre la mère et le fils était tendue. Les policiers avaient constaté « des signes suggestifs d’une probable santé mentale fragile de la part du fils pour laquelle il n’est vraisemblablement pas suivi », peut-on lire dans le rapport. Mais aucune intervention policière n’avait été faite, car il n’y avait « pas suffisamment d’éléments justifiant une intervention policière en vertu des dispositions du Code criminel ou de la Loi sur la protection des personnes dont l’état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui », est-il écrit dans le rapport du coroner publié vendredi.

Mme Hébert a été tuée par son fils le 28 janvier et retrouvée deux jours plus tard. Un décès qui s’inscrit « dans le cadre d’un homicide de nature intrafamiliale, plus particulièrement d’un parricide (homicide d’un parent par un enfant) », écrit la coroner Pascale F. Boulay.

Le fils de Mme Hébert a plaidé coupable à une accusation de meurtre au deuxième degré en juin 2019.

Dans son rapport, la coroner Boulay recommande plusieurs actions afin de prévenir les homicides intrafamiliaux au Québec. Elle recommande entre autres au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) de « mettre sur pied un mécanisme qui assure une meilleure coordination et un échange plus fluide d’informations pertinentes notamment sur la question de la santé mentale entre les policiers et les intervenants sociaux ».

Elle recommande aussi d’actualiser la Loi sur la protection des personnes dont l’état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui, communément appelée la « P38 ». La coroner avance qu’une modification pourrait être apportée à cette loi afin de permettre aux policiers de retirer pour 24 heures un adulte non propriétaire de la résidence où il habite pour être évalué, avec son consentement, pour ses troubles mentaux.

La coroner émet aussi une série de recommandations afin que la violence intrafamiliale au sens large, et non pas seulement la violence conjugale, soit considérée par les policiers et les intervenants du réseau de la santé et des services sociaux.

-Avec la collaboration de William Leclerc