(Montréal) Insatisfaits du manque d’écoute de la part du gouvernement, des membres de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) ont perturbé la circulation sur le pont Jacques-Cartier en direction sud.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

On comptait une quinzaine de véhicules policiers de la Sûreté du Québec (SQ) et du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) sur place aux alentours de 11 h. Une heure plus tard, les protestataires s'étaient dispersés.

Les professionnels en soins ont momentanément bloqué l’entrée au pont. L’ambiance était fébrile sur place, alors que plusieurs d’entre eux sont « épuisés et au bout du rouleau. »

La surcharge de travail et les ratios des professionnels en soins sont au cœur de l’enjeu, confirme Sandra Gagné, responsable des communications à la FIQ. « Devant le peu d’écoute à la table des négociations, les professionnels en soins haussent le ton simultanément. »

Une action similaire est en cours à Québec, précise-t-elle.

Vêtus de blouses et drapeaux à la main, des dizaines de travailleurs se tenaient devant les policiers. Les manifestants avaient l’intention de marcher sur le pont Jacques-Cartier, mais ont rebroussé chemin une trentaine de minutes après avoir bloqué l’accès au pont.

« Ça suffit. On est rendus à ce point-là », soupire Denis Grondin, président du Syndicat des professionnelles en soins de Montérégie (FIQ-SPSMC). Entre ce qui se passe sur le terrain et les discours du gouvernement, il y a tout un monde, plaide-t-il.

« Ce ne sont pas des actions qu’on a l’habitude de prendre. Notre système est épuisé, instable et fragile. »

« Force est de constater de malgré nos cris du cœur et tout ce qui a été dit depuis des mois, ce gouvernement-là ne nous entend pas, alors nous allons nous faire voir », a déclaré Nancy Bédard, présidente de la FIQ.

Les travailleurs de la FIQ refuseront de faire du temps supplémentaire les 24 et 25 octobre prochains, en guise de moyen de pression.

La Fédération interprofessionnelle de la santé représente 76 000 infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques dans l’ensemble du Québec. Sa convention collective est échue depuis le 31 mars.