(Québec) Une personne malade n’aura plus à être en fin de vie pour avoir accès à l’aide médicale à mourir, a annoncé le gouvernement Legault mardi. Il largue le critère de fin de vie inscrit dans sa loi.

Publié le 21 janv. 2020
Tommy Chouinard
Tommy Chouinard La Presse
Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

« C’est un élargissement important de l’aide médicale à mourir », a affirmé la ministre de la Santé et des services sociaux, Danielle McCann. Selon elle, « le Québec est prêt pour ce changement ».

Les autres critères demeurent, à savoir que la personne doit être majeure, atteinte d’une maladie grave et incurable, avoir de grandes souffrances physiques ou psychologiques et un déclin des capacités avancé et irréversible. « On est convaincu que les critères qui demeurent sont suffisants pour encadrer » cette pratique, a soutenu la ministre de la Justice, Sonia LeBel.

La loi ne sera pas modifiée ; le critère de fin de vie sera plutôt rendu inopérant.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Nicole Gladu, l'avocat Jean-Pierre Ménard et Jean Truchon. La Cour supérieure avait donné raison à M. Truchon et Mme Gladu dans leur combat pour avoir accès à l’aide médicale à mourir.

Cette décision survient quatre mois après que la Cour supérieure du Québec eut jugé « inconstitutionnel » ce critère de la loi québécoise, tout comme celui de la loi fédérale qui prévoit que l’aide médicale à mourir ne peut être administrée qu’en cas de « mort raisonnablement prévisible ». Dans son jugement, le tribunal a ordonné à Québec et Ottawa de réviser leur loi respective dans un délai de six mois. « Les personnes qui souffrent énormément comme M. Truchon et Mme Gladu », les deux personnes qui s’étaient tournées vers les tribunaux, « pourront avoir accès à l’aide médicale à mourir », a illustré Mme McCann.

Ottawa tient des consultations en vue de répondre au jugement de la Cour supérieure.