Huit ordres professionnels, dont l’Ordre des psychologues du Québec et l’Ordre des travailleurs sociaux du Québec, s’inquiètent de l’état du réseau de la santé, particulièrement des problèmes d’accessibilité aux soins en santé mentale et aux services sociaux, et pressent le gouvernement d’agir.

Ariane Lacoursière Ariane Lacoursière
La Presse

Dans une initiative inédite, l’Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec, l’Ordre des psychologues du Québec, l’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec, l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec (OTSTCFQ), l’Ordre professionnel des sexologues du Québec, l’Ordre des ergothérapeutes du Québec et l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec ont sondé leurs membres à l’été 2018. « Les résultats sont préoccupants », affirme la présidente de l’OTSTCFQ, Guylaine Ouimette, qui estime que les risques de préjudices à la population sont réels.

Au cours des derniers mois, les huit ordres ont volontairement tu les résultats de leur sondage. Ils ont préféré rencontrer d’abord des représentants du gouvernement afin de faire bouger les choses. Mais après avoir rencontré la ministre de la Santé, Danielle McCann, en novembre, les ordres veulent maintenant diffuser leurs constats.

Selon leur sondage auprès de leurs membres, les problèmes sont nombreux dans le réseau. Par exemple, 56 % des 9200 répondants estiment que l’attente pour obtenir des services est trop longue. Et 39 % des répondants estiment qu’il existe un écart entre le moment où le client est retiré des listes d’attente et le moment où il est réellement pris en charge. Une majorité de répondants croient que les problèmes d’accessibilité aggravent les problèmes du client. Pour 57 % des répondants, l’accès aux services sociaux et aux soins en santé mentale, les « parents pauvres du système » selon Mme Ouimette, s’est détérioré depuis 2015.

Trouver des solutions

Pour les ordres professionnels, il faut rapidement mettre en place des solutions. Il faut notamment revoir la façon dont les professionnels sont évalués dans leur travail selon la présidente de l’Ordre des psychologues, Christine Grou. Plutôt que de n’évaluer que la productivité, il faudrait selon elle se demander « si les interventions ont réellement aidé les patients ».

Déjà, 24 % des répondants sondés par les ordres disent songer à quitter leur profession. « On interpelle le gouvernement pour que ça change. Pour qu’il n’y ait pas de dérapages », affirme Mme Ouimette.